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19/02/2015 08:37 EST | Actualisé 21/04/2015 05:12 EDT

Un traversier parti des Îles-de-la-Madeleine mardi est arrivé jeudi matin

Être prisonnier des glaces durant deux jours à bord d'un traversier en plein hiver pourrait sembler, à première vue, une expérience plutôt désagréable.

C'est là l'aventure qu'ont «subie» les 82 passager du CTMA Vacancier, qui a quitté les Îles-de-la-Madeleine mardi matin pour une traversée de cinq heures vers l'Île-du-Prince-Édouard et qui n'est arrivé que jeudi matin au port de Souris, soit 49 heures plus tard.

«Il y a toujours des gens qui sont déçus, quand même, parce qu'ils ne peuvent pas arriver à destination comme ils le voulaient, mais l'hiver, on n'a pas le choix. C'est comme les avions; parfois ça peut être perturbé», a expliqué le commissaire de bord Mathieu Miousse, dans une entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

Toutefois, le CTMA Vacancier n'est pas un traversier ordinaire: il s'agit en fait d'un navire de croisière de 126 mètres qui fait la liaison touristique Montréal - Cap-aux-Meules durant la saison estivale.

Les passagers n'ont donc pas beaucoup souffert...

«Ils ont accès aux cabines, ils ont accès à un bistro, un bar, une cafétéria, un cinéma. Il y a de la très bonne nourriture, de très bons chefs cuisiniers à bord, menu du jour, au bistro ils peuvent manger des sandwichs au crabe sur panini, prendre un café expresso, un mokaccino, un frappé au chocolat», défile Mathieu Miousse, visiblement fier du service offert lors de cette situation de crise...

«On s'est bien occupé d'eux! Nous sommes toujours sur les planchers et ils ne manquent de rien. Est-ce qu'ils ont souffert? Pantoute!», lance-t-il en s'esclaffant.

Le navire s'était tout de même rendu près de sa destination dans un délai raisonnable, mais c'est une fois rendu à proximité des côtes de la province insulaire que la situation a changé du tout au tout.

«C'est exceptionnel, raconte le commissaire de bord. Ça fait 21 ans que je navigue et c'est la première fois que je vois une couverture de glace aussi épaisse.»

Un premier brise-glace, le Henry Larsen, arrivé mercredi après-midi, a travaillé à ouvrir un passage, mais un changement dans la direction du vent et des courants en soirée a refermé les glaces autour du navire et un deuxième brise-glace, plus puissant celui-là, le Louis Saint-Laurent, est venu en renfort jeudi matin pour frayer un chemin jusqu'au port de Souris, où il a accosté vers 7h15.

L'équipage n'a guère eu le temps de souffler; le CTMA Vacancier a appareillé vers 9h00 jeudi matin, en direction de Cap-aux-Meules, avec une précaution additionnelle cette fois.

«Notre brise-glace, le Louis-Saint-Laurent, est devant nous et il nous trace le chemin», a expliqué Mathieu Miousse, qui se trouvait dans le Golfe, au large de la pointe de l'est de l'Île-du-Prince-Édouard, au moment de l'entrevue.