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19/02/2015 07:31 EST | Actualisé 21/04/2015 05:12 EDT

Les rebelles prennent le contrôle de Debaltseve, dans l'est de l'Ukraine

DEBALTSEVE, Ukraine - Des combattants rebelles, dont de nombreux Cosaques, patrouillaient jeudi les rues du noeud ferroviaire de Debaltseve, dans l'est de l'Ukraine, au lendemain du retrait des forces gouvernementales.

Les insurgés semblaient enjoués et plusieurs ont pris des photos.

Des journalistes de l'Associated Press qui ont exploré environ la moitié de la ville ont pu constater que tous les quartiers sont maintenant contrôlés par les séparatistes prorusses.

Un des plus importants chefs de guerre dans l'est de l'Ukraine, le Cosaque russe Nikolaï Kozitsyn, sillonait les rues à bord d'un blindé capturé à l'armée ukrainienne. D'autres rebelles agitaient des bannières séparatistes.

Les carcasses incendiées de plusieurs blindés ukrainiens gisaient à travers la ville. Des insurgés examinaient un campement abandonné par les soldats, à la recherche d'éventuels biens. Un drapeau ukrainien ensanglanté a été piétinné dans la boue.

Une voiture remplie de Cosaques a toutefois frappé une mine à moins de 200 mètres des journalistes de l'AP. Un rebelle a été tué et un autre blessé.

Debaltseve se trouve à mi-chemin entre les bastions rebelles de Donetsk et Lougansk, d'où son importance stratégique. Le porte-parole militaire ukrainien Andriy Lysenko affirme toutefois que les combats des trois dernières semaines ont complètement dévasté l'infrastructure de la ville.

«Un noeud ferroviaire stratégique a tout simplement cessé d'exister», a-t-il déclaré depuis Kiev.

L'armée ukrainienne fait état de 13 soldats tués et 157 blessés par des tirs d'artillerie pendant leur repli. Près d'une centaine de soldats auraient aussi été capturés et le sort de 82 autres demeure incertain.

Certains soldats se repliaient toujours jeudi, à bord de véhicules lourdement endommagés.

«Nous sommes partis sous un feu nourri, en utilisant des routes secondaires, a dit l'un d'eux, Andreï. Au moment de partir nous avons essuyé des tirs d'artillerie et de lance-grenades. Nous avons aussi été attaqués à plusieurs reprises par des chars et des groupes armés.»

Il a ensuite décrit l'horreur des combats pour le contrôle de Debaltseve.

«Ils nous tiraient dessus la nuit pour nous empêcher de dormir, a-t-il raconté. Ça durait toute la nuit. Puis le matin ils attaquaient, vague après vague. Ils ont fait ça sans arrêt pendant trois semaines.»

Un autre porte-parole militaire ukrainien a indiqué jeudi que 90 pour cent des forces gouvernementales ont été retirées de Debaltseve et des environs, sans toutefois préciser à quel moment le repli aura été complété.

Anatoli Stelmakh a ajouté que les rebelles ont lourdement pilonné un village près de la ville portuaire stratégique de Marioupol au cours des dernières heures, en dépit du cessez-le-feu qui devait entrer en vigueur dimanche.

À Paris, le président français François Hollande a révélé que la chancelière allemande Angela Merkel et lui se sont entretenus jeudi avec les leaders de l'Ukraine et la Russie, au sujet des violations du cessez-le-feu et des conséquences. Il n'a pas fourni plus de détails.

Paris et Berlin semblent espérer que la trêve entrera maintenant vraiment en vigueur, maintenant que Debaltseve est tombé.

Le Kremlin a confirmé que les quatre leaders ont discuté au téléphone et a vanté la trêve, affirmant qu'elle a mené à une «réduction du nombre de victimes civiles». Il a ajouté que les ministres des Affaires étrangères des quatre pays discuteront plus avant de la mise en place du plan de paix de Minsk.

Le conflit dans l'est de l'Ukraine a fait plus de 5600 morts et chassé plus d'un million de personnes de chez elles depuis avril.