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19/02/2015 01:45 EST | Actualisé 21/04/2015 05:12 EDT

Le Canada est venu près de réaliser son propre miracle aux Jeux de Lake Placid

Tom Watt possède toujours une vidéocassette du «Miracle sur Glace» avec sa propre voix faisant partie de la bande sonore. L'un des entraîneurs d'Équipe Canada lors des Jeux olympiques d'hiver de 1980 à Lake Placid, Watt a agi à titre d'analyste du mémorable duel entre les États-Unis et l'Union soviétique après que sa formation eut été exclue de la ronde des médailles.

Deux jours plus tôt, le Canada était venu près de réaliser son propre miracle. La formation canadienne a gaspillé une avance de deux buts face à l'équipe nationale soviétique, tard en deuxième période, et un revers de 6-4 a mis fin à son tournoi.

Trente-cinq ans plus tard, les Américains continuent d'amasser les éloges à la suite de l'une des plus inoubliables surprises de l'histoire du sport, qui a mené à une improbable médaille d'or. De son côté, le Canada avait dû se contenter d'une bien modeste sixième place.

«Nous avions une meilleure équipe (que les États-Unis), a affirmé Watt cette semaine. Il n'y a aucun doute dans mon esprit. Mais aux Jeux olympiques, il s'agit d'être à son meilleur la bonne journée.»

Avant que les joueurs de la Ligue nationale ne soient invités aux Jeux olympiques, la talentueuse formation canadienne réunissait 12 joueurs qui ont éventuellement évolué dans la LNH, dont Glenn Anderson, qui n'avait que 19 ans, le défenseur et capitaine Randy Gregg, Kevin Primeau, Jim Nill et Paul MacLean. Les Canadiens ont présenté une fiche gagnante face aux Américains lors des matchs préparatoires, mais n'ont jamais été en mesure de démontrer leur supériorité lors des Jeux.

Plutôt, Watt déplore, encore aujourd'hui, un but chanceux de la Finlande marqué d'une distance de 150 pieds qui a éventuellement privé le Canada d'une qualification à la ronde des médailles. Watt se rappelle que la rondelle a glissé derrière le gardien Bob Dupuis, et il s'en souviendra «jusqu'à sa mort». Au-delà de cette défaite contre les Finlandais, les Canadiens ont eu leur chance, eux aussi, de battre les Soviétiques et d'aller plus loin dans le tournoi.

Bien que la journée de vendredi coïncidera avec le 35e anniversaire de cet autre duel Canada-URSS, les joueurs s'en rappellent comme s'il avait été présenté hier. L'un d'eux a été victime de spasmes au dos, menant au but du défenseur Alexei Kasatonov lors d'une poussée à deux contre un avec 13 secondes à jouer au deuxième vingt. Ce but permettait aux Soviétiques de s'approcher à un seul but du Canada.

Après les avoir côtoyés pendant plus de six mois, Gregg connaissait ses coéquipiers comme s'ils avaient été «ses frères», et il a senti leur nervosité en les regardant dans les yeux entre les deuxième et troisième périodes.

«Nous avons joué avec autant d'ardeur que possible, et personne n'était nerveux au point de ne pas vouloir aller sur la glace, a confié Gregg, dont la carrière dans la LNH a été marquée de cinq coupes Stanley avec les Oilers d'Edmonton.

«Nous avions le pressentiment que la troisième période nous offrirait un défi de grande envergure.»

La «puissante machine rouge» a ajouté deux buts lors des 65 premières secondes de la troisième période, et deux autres après que le Canada eut créé l'égalité.

«C'est un match qui aurait pu aller d'un côté comme de l'autre, soutient Jim Nill, qui occupe aujourd'hui le poste de directeur général des Stars de Dallas.

«Je pense que cette rencontre a permis de montrer que cette équipe n'était pas invincible, ajoute-t-il. Nous avons peut-être ramolli les Soviétiques un peu, aussi. Ce fut un match de haute intensité, très robuste. Je crois que nous avons créé un doute dans l'esprit des Soviétiques.»

Mike Eruzione, qui était le capitaine de l'équipe des États-Unis, dit avoir appris une leçon de ce match.

«Je pense que les Canadiens les avaient dans les câbles, mais ils leur ont permis de s'en sortir, a fait remarquer Eruzione mercredi. Dans ma tête, je me suis dit que 'si jamais nous les plaçons dans une telle position, nous ne leur donnerons pas une autre chance'.»

C'est ce que les Américains ont réussi à faire, prenant l'avance au milieu de la troisième période et mettant la table pour le commentateur Al Michaels et sa fameuse description des dernières secondes du match : «Croyez-vous aux miracles? Oui!».