NOUVELLES
19/02/2015 05:49 EST | Actualisé 21/04/2015 05:12 EDT

L'Allemagne se montre sceptique à l'égard de la nouvelle proposition grecque

ATHÈNES, Grèce - L'Allemagne a rapidement décrié une proposition de conciliation de la Grèce sur sa dette, jeudi, plombant les espoirs que des pourparlers d'urgence puissent briser une impasse faisant craindre un défaut d'Athènes et une sortie de la zone euro.

Le gouvernement grec a demandé de prolonger de six mois l'accord sur son prêt de sauvetage, dans le but de donner aux parties plus de temps pour conclure une entente plus permanente.

Athènes ne s'engage pas à continuer d'implanter totalement une série de compressions budgétaires et de réformes requises depuis 2010 par la zone euro en échange des prêts, des coupes responsables de la détérioration de l'économie grecque, selon le nouveau gouvernement.

L'Allemagne a promptement déclaré que le plan n'était pas suffisant. Le porte-parole du ministre allemand des Finances Martin Jaeger a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'une «proposition substantielle en vue d'une solution».

Le porte-parole a assimilé la proposition à une requête d'un «pont de financement sans le respect des demandes du programme» de sauvetage, c'est-à-dire les mesures budgétaires.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras s'est entretenu au téléphone pendant cinquante minutes avec la chancelière allemande Angela Merkel jeudi soir. Un responsable grec a dit que l'échange s'était déroulé «dans un climat positif et dans l'objectif de trouver une solution mutuellement avantageuse pour la Grèce et la zone euro».

La Commission européenne se montrait relativement plus optimiste que l'Allemagne.

Le porte-parole Margaritis Schinas a affirmé que le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, «voyait dans cette lettre un signal positif qui, selon lui, pouvait paver la voie à un compromis raisonnable dans l'intérêt de la stabilité financière de l'ensemble de la zone euro».

Il a affirmé que M. Juncker avait tenu des discussions avec M. Tsipras et le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem, qui dirigera la rencontre d'urgence des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles, vendredi.

La France a aussi affirmé qu'elle s'affairait pour s'assurer que la Grèce demeure dans la zone euro.

«Il faut respecter les choix du peuple grec», a dit le premier ministre français Manuel Valls. Mais également, a poursuivi M. Valls, «il faut aussi que le nouveau gouvernement grec s'inscrive pleinement et durablement dans cette Europe et dans cet euro dont la Grèce a tant besoin».