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19/02/2015 10:17 EST | Actualisé 21/04/2015 05:12 EDT

La Défense, le SCRS et la GRC ont laissé en plan 11 G$ en 8 ans dans les budgets

OTTAWA - Les trois principales instances de sécurité au Canada ont laissé en plan 11 milliards $ prévus dans leurs budgets durant les huit dernières années, indiquent de nouvelles données rendues publiques.

Alors que les gens rassemblés jeudi à la rencontre annuelle de l'Institut de la Conférence des associations de la défense ont appris que l'équipement militaire serait bientôt désuet, le ministre de la Défense, Jason Kenney, a balayé du revers de la main le sujet des fonds inutilisés, soutenant que cela faisait partie du processus budgétaire normal de tous les ministères.

Le ministère de la Défense nationale a accumulé un excédent de 9,7 milliards $ depuis 2007, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a remis 1,7 milliard $, et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) n'a pas dépensé 180 millions $.

Selon la loi, les ministères doivent rendre au trésor fédéral l'argent non dépensé, mais, comme l'a mentionné M. Kenney, ils peuvent reporter un petit montant à leur budget de l'année suivante, sous certaines conditions.

Mais l'analyste Dave Perry de l'Institut de la Conférence des associations de la défense soutient que l'effet corrosif de l'inflation n'est pas pris en compte dans les comptes du gouvernement. Il ajoute qu'avant 2001, les ministères étaient régulièrement capables de dépenser l'entièreté de leur budget.

Les relevés des comptes publics démontrent que les dépenses de la défense ont diminué de 13 pour cent, note M. Perry. Au SCRS, elles ont baissé de sept pour cent et à la GRC, de 20 pour cent.

Selon M. Perry, M. Kenney a raison en disant qu'en termes de dollars absolus, les budgets sont plus grands, mais par contre, les instances sont moins capables d'agir à cause de décisions passées.

«Il y a eu l'après 11 septembre, la menace terroriste d'Al-Qaïda est devenue la menace de l'État islamique, le ministère de la Défense tente toujours de récupérer une décennie perdue de recapitalisation durant les années 1990, et nous voilà à nouveau engagés dans une mission militaire outremer», a énuméré M. Perry.

«La vraie question n'est donc pas vraiment à quel point la situation budgétaire a changé, mais plutôt si ces organisations ont les fonds nécessaires pour accomplir ce que le gouvernement leur demande. Sinon, il faut soit leur demander d'en faire moins, soit leur en donner plus.»