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19/02/2015 03:35 EST | Actualisé 19/02/2015 03:35 EST

«L'Occident n'est pas en guerre contre l'islam», dit le président américain Barack Obama

MANDEL NGAN via Getty Images
US President Barack Obama speaks at the White House Summit to Counter Violent Extremism at the State Department on February 19, 2015 in Washington, DC. AFP PHOTO/MANDEL NGAN (Photo credit should read MANDEL NGAN/AFP/Getty Images)

Washington est l'hôte d'un sommet destiné à lutter contre l'extrémisme violent. L'événement réunit des représentants d'une soixantaine de pays, dont le Canada, qui étudient les manières de lutter contre le terrorisme autrement que par des options militaires.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, doit d'ailleurs y prendre la parole cet après-midi.

Durant ce sommet, Barack Obama marche sur une ligne ténue : le président américain doit parler d'extrémisme violent, des termes soigneusement choisis par la Maison-Blanche, sans pour autant cibler les musulmans. Dire que l'Occident est en guerre contre l'islam serait un « horrible mensonge », a affirmé jeudi le président Obama dans le cadre du sommet.

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« Les communautés musulmanes, y compris les intellectuels et les responsables religieux, ont la responsabilité de lutter non seulement contre les interprétations erronées de l'islam, mais aussi contre les mensonges selon lesquels nous serions engagés dans un choc des civilisations. »

— Le président Barack Obama

Pour le président américain, les terroristes construisent leur idéologie sur cette notion de guerre occidentale contre l'islam et justifient ainsi leur violence. M. Obama affirme que son pays fera davantage pour lutter contre les propagandes haineuses.

Pas des dirigeants religieux

Al-Qaïda, l'État islamique (EI) et d'autres groupes du genre cherchent à tout prix à se donner une légitimité, d'expliquer le président américain : « Ils tentent de se représenter comme des leaders religieux, des guerriers saints qui se portent à la défense de l'islam. Mais cette prémisse est « un mensonge. , dit Barack Obama, pour qui Al-Qaïda et l'État islamique ne sont pas dirigés par des leaders religieux. « Ce sont des terroristes », affirme-t-il.

Le président américain invite les musulmans modérés à combattre l'extrémisme violent.

« Les responsables musulmans doivent en faire plus pour discréditer l'idée que nos pays auraient en tête de détruire l'islam », a déclaré Barack Obama.

Le président américain a noté que les jeunes, particulièrement, étaient exposés à la propagande extrémiste. Des responsables du renseignement ont informé cette semaine le Congrès américain que jusqu'à 150 jeunes Américains ont tenté de se rendre en Syrie pour rejoindre les rangs de groupes djihadistes.

La participation canadienne

Le ministre Blaney a précisé par voie de communiqué le contenu de sa participation au sommet.

« Le mouvement djihadiste international a déclaré la guerre au Canada et à ses alliés. Les individus qui reviennent de l'étranger après avoir pris part à des activités terroristes présentent une menace sérieuse pour le Canada parce qu'ils ont nouvellement acquis la capacité de mener des attaques au Canada, ainsi que de recruter et de radicaliser d'autres individus. »

— Steven Blaney, ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile du Canada

Il affirme en outre que les Canadiens sont visés par des terroristes djihadistes « simplement parce que ces terroristes ont en horreur notre société et les valeurs qu'elle représente ».

C'est pour cette raison qu'il présentera aux participants du sommet le projet de loi de lutte contre le terrorisme actuellement en deuxième lecture à la Chambre des communes. « Ce projet de loi [...] donnera aux organisations chargées de notre sécurité nationale et aux corps policiers de première ligne les outils dont ils ont besoin pour protéger les Canadiens contre la menace terroriste, qui ne cesse d'évoluer. »