DIVERTISSEMENT
18/02/2015 06:00 EST | Actualisé 19/02/2015 04:59 EST

Olivier Martineau: attachant insolent (ENTREVUE/PHOTOS)

David Cannon

Il est l’une des nouvelles sensations de l’heure en humour. Il consent à révéler qu’il est «en début de trentaine», mais refuse de dévoiler son âge exact. S’il en croit ses «licences de char», il mesure 1 mètre 83, mais est plus petit que Jérémy Demay d’au moins une tête. Verbomoteur, il s’exprime dans un français impeccable. Mais surtout, il s’appelle Olivier Martineau… et il haït tout et tout le monde.

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C’est d’ailleurs là le fond de son premier one man show, qui s’est attiré des commentaires fort élogieux dans la Vieille Capitale, il y a quelques semaines. Son grand test montréalais aura lieu mercredi, au Théâtre St-Denis, et il partira ensuite distiller sa haine en tournée.

«Je m’exprime sur une variété de sujets, rapidement, en rafale, souvent sur un ton très caustique, expose Olivier. J’aime haïr le monde! Dans ce show-là, on haït tout le monde, ensemble. C’est un spectacle de défoulement!»

«Je pense que je fais du stand up très imagé. Il y a des arrêts sur image. En fait, je suis assez imagé dans mon discours pour que le décor se dresse seul sur scène! Un peu comme dans un livre pop-up!»

Et qu’est-ce qui fait «pop» dans le monde d’Olivier Martineau? Beaucoup de choses. La mode autant que les chats peuvent l’inspirer, et certains comportements humains le fascinent.

«J’ai une tirade, à un moment donné, sur mon voisin qui porte sa casquette la palette en arrière. Moi, je trouve que ça n’a pas de bon sens! (rires) Si tu te promènes en talons hauts sur la glace, c’est sûr que je ris de toi. As-tu vu de quoi tu as l’air?»

«Ceci dit, je suis ma première cible, nuance Olivier. Je ris beaucoup de moi-même. Je montre que tout le monde est épais, même les plus minces! (rires) Je dis que ci ou ça, ça n’a pas de bon sens. J’observe, je gratte un vernis, mais je n’attaque jamais en profondeur. Quand je parle des gens qui voient des soucoupes volantes, si tu te sens attaqué, faut qu’on se parle! (rires)»

De Guitry à Brassens

Olivier Martineau n’a pas un parcours classique d’humoriste. Il est, par exemple, l’un des rares à ne pas avoir usé les bancs de l’École nationale de l’humour. Il a exercé mille métiers avant de tenter sa chance dans l’industrie du rire ; il a, entre autres, rénové des cuisines et enseigné l’art dramatique au secondaire. Autodidacte, il a appris à jouer de la guitare seul et a tâté l’improvisation, mais n’avait pas beaucoup de spectacles à son actif lorsqu’il a testé l’expérience d’En route vers mon premier gala Juste pour rire, en 2010, un concours qu’il a remporté.

«Ce que je fais, dans la vie, n’est jamais simple, juge Olivier en s’esclaffant. On va finir par coller tout ça dans une biographie dans 100 ans! (rires)»

Jusqu’à présent, les gens de Québec l’ont apprécié en première partie de l’illustre Jerry Seinfeld l’été dernier, aux commandes des soirées Comédie Club et dans des événements du Grand Rire. Les gens de Montréal l’ont vu dans différents galas Juste pour rire. Les gens de la province entière savent qu’il a triomphé à En route vers mon premier gala… et qu’il a été nommé deux fois dans la catégorie Découverte de l’année au Gala les Olivier. Même certains Français le connaissent, car il a foulé quelques planches parisiennes dans les dernières années.

«J’ai attendu avant de sortir ce show-là. Je voulais me sentir bien dedans. Ça se peut que ça plaise ou pas mais, dans ce qui m’appartient, je pense que ce spectacle est ce que je sais faire de mieux, présentement. Je suis vraiment satisfait du résultat», reconnaît cet adepte de late night show, dont les influences oscillent entre les artistes de l’époque des cabarets des années 1950, 1960 et 1970, la commedia dell’arte, Sacha Guitry et même Georges Brassens. «Mais j’ai aussi des sketchs qui s’écrivent seuls à l’épicerie!», s’amuse Olivier, pour décrire à quel point le petit quotidien peut le toucher.

Un party en supplémentaires

Terre-à-terre, Olivier Martineau ne s’en fait pas tellement avec les ventes de billets, la possibilité de mauvaises critiques, la multiplication des humoristes. Sa plus grande crainte avant sa rentrée montréalaise? «À Québec, 48 heures avant de monter sur scène, je n’avais pas encore mon habit. C’était mon plus gros stress. Là, le suit est dans l’enveloppe, et c’est réglé», avance-t-il, pince sans rire. Sur une note plus sérieuse, le garçon invite avec beaucoup de dérision le public à le suivre dans son délire :

«J’organise un party, et il y aura des supplémentaires de ce party-là. Je n’ai pas le câble chez nous, alors, je m’ennuie quand je n’ai pas de show! (rires) Si je ne sors pas de chez nous, ma télé entre en neige et j’ai de la vaisselle à faire… Ce n’est pas terrible, pas très glam, comme soirée!»

Le premier spectacle d’Olivier Martineau, sans titre officiel, est mis en scène par Joseph Saint-Gelais (Louis-José Houde, Laurent Paquin, Jean-François Mercier, etc) et est présenté à guichets fermés au Théâtre St-Denis, mercredi. Consultez son site officiel (www.olivier-martineau.com) pour toutes les dates de sa tournée.

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