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18/02/2015 04:25 EST

Un film qui déforme l'histoire mérite-t-il un Oscar?

AP Photo/Paramount Pictures, Atsushi Nishijima

Les films hollywoodiens qui prennent des libertés avec l'histoire sont fréquents. Pourtant, année après année, les Oscars récompensent ces productions controversées.

L'année 2015 ne fait pas exception. Selma, d'Ava DuVernay, qui porte sur la lutte pour les droits civiques de Martin Luther King, est accusé de dépeindre le président Lyndon Johnson comme l'ennemi de ce dernier.

Même chose pour l'acteur devenu réalisateur Clint Eastwood, qui a vu son film à succès American sniper mêlé à une controverse politique. Plusieurs reprochaient en effet au long métrage, qui raconte la vie du tireur d'élite Chris Kyle, de glorifier un tueur en masse. Zero dark thirty avait eu droit à un traitement semblable en 2013, étant dénoncé pour avoir mis en scène une agente sercrète qui pratiquait la torture.

Le Canada a fait les frais de ces déformations de l'histoire pratiquées depuis quelques années à Hollywood.

Argo, sacré meilleur film aux Oscars en 2013, aurait minimisé le rôle joué par le Canada dans l'évasion de diplomates américains d'Iran en novembre 1979.

Parlez-en en bien, parlez-en en mal...

Joint par l'Agence France-Presse, Tom O'Neil, du site de pronostics pour les Oscars GoldDerby.com, estime que les membres de l'Académie des arts et sciences du cinéma, qui désignent les gagnants dans chaque catégorie, sont « très tolérants à l'égard des libertés prises avec la réalité par les scénaristes, et du fait qu'un personnage puisse être embelli ».

Selon lui, la controverse entourant American sniper pourrait donner un coup de main à la nomination de Bradley Cooper, en nomination dans la catégorie du meilleur acteur.

« [Ça n'a] probablement pas nui à Bradley Cooper. Cela pourrait même l'aider si des participants au vote estiment qu'un héros américain est attaqué à tort. »

Tom Nunan, producteur du film Crash, meilleur film en 2006, et professeur à UCLA School of Theatre, film and television, est plus nuancé. La controverse n'est pas toujours payante croit-il.

« Chaque fois que la controverse s'immisce dans le vote, il y a de grands risques que le film ne gagne pas. Ce n'est pas par hasard si ces polémiques sortent au moment des Oscars, c'est avant tout une compétition, et elles peuvent servir à éliminer un rival. »

La réponse, dimanche soir.

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