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Un groupe d'autodéfense juif recrute à Montréal (VIDÉO)

Une centaine de personnes se sont rendues dans un hôtel du quartier Côte-des-Neiges, hier soir, afin d'assister à la soirée de recrutement d'un groupe ultranationaliste juif qui tente de s'installer à Montréal. Présente à Toronto, la Ligue de défense juive (LDJ) vise à protéger, par la force s'il le faut, la communauté juive contre les menaces djihadistes et antisémites.

Les participants devaient montrer patte blanche en franchissant un détecteur de métal sous la supervision de gardes équipés de vestes pare-balles avant d'accéder à la soirée. « Il y a un très sérieux problème ici à Montréal, comme il y en a dans les autres villes au Canada, parce qu'il y a présence de groupes islamiques radicaux », explique le président de la ligue, Meir Weinstein. « Alors nous devons être prêts. »

Sans souhaiter avoir recours à la violence, la Ligue prépare à toute éventualité en donnant des cours d'arts martiaux à ses membres afin qu'ils puissent se défendre en cas d'attaque. « S'ils arrivent pour nous attaquer, là oui on va se défendre », affirme l'un des membres du groupe qui se prénomme Avi. « Mais, on ne va jamais aller commencer à trouver la merde. Jamais trouver les problèmes. On ne va jamais rentrer dans une foule et trouver les ennuis. Si ça vient, ça vient... »

En dépit de son discours officiel, le groupe est mêlé à plusieurs controverses. La LDJ américaine a été qualifiée d'organisation « terroriste », « violente » et « extrémiste » par le FBI lors d'un procès en 2001. Deux de ses membres avaient alors comploté en vue de perpétrer un attentat contre une mosquée. Ils ne sont pas non plus les bienvenues en Israël depuis un attentat à Hébron en 1994 qui avait fait 29 morts. Ils ont également été mêlés à des bagarres en France l'été dernier.

L'émergence du groupe à Montréal suscite ainsi l'inquiétude tant à l'hôtel de ville qu'au sein de la communauté juive elle-même. Au Centre consultatif des relations juives et israéliennes, le directeur associé, David Ouellette, précise que ce groupe demeure marginal à Montréal. Il croit que la Ligue n'a pas sa place au Québec: « Non seulement on n'a pas besoin des services qu'ils prétendent pouvoir rendre à la communauté juive, mais surtout, on ne veut rien savoir de cette idéologie-là non plus! »

De son côté, le maire de Montréal, Denis Coderre, a carrément affirmé sur son compte Twitter que la Ligue de défense juive n'était pas la bienvenue dans la métropole québécoise.

Le SPVM se renseigne

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) suit avec attentioni l'installation de la LDJ à Montréal, en collectant des informations sur l'organisation. Les policiers n'ont toutefois rien à reprocher pour l'instant à ce groupe. « On est présentement à l'étape de la cueillette d'information », explique Ian Lafrenière, le porte-parole du SPVM, en entrevue téléphonique avec Radio-Canada. Ce dernier refuse de confirmer si le SPVM a pris contact avec la police de Toronto, où la LDJ est implantée depuis plusieurs années, mais il indique que les corps policiers, en général, se parlent régulièrement.

M. Lafrenière précise que le groupe, comme toute autre organisation communautaire, peut se réunir s'il le souhaite, tant qu'il respecte les lois en vigueur. « On agit, on réagit sur les agissements des gens, pas sur les connivences, sur leurs associations », dit-il.

Créée par un rabbin d'extrême droite

Sur le site de la LDJ, on constate que la plupart des activités sont constituées de conférences et de rassemblements. La LDJ dit qu'elle est disponible pour aider les organisations juives à assurer leur sécurité, et donne aussi des cours de krav maga, une technique de combat utilisée par les soldats israéliens. « Plus jamais, veut dire plus jamais! », peut-on lire sur la photo du compte Twitter de la LDJ canadienne, qui montre un fusil mitrailleur.

Dans les faits, la LDJ n'est pas un groupe centralisé, mais une mouvance plutôt disparate qui se base sur les enseignements du rabbin israélien d'extrême droite Meir Kahane, qui a été assassiné par un extrémiste arabe en 1990.

La LDJ canadienne explique que ses activités se sont toujours déroulées dans le respect des lois.

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