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16/02/2015 06:53 EST | Actualisé 16/02/2015 07:00 EST

Moins de services pour les nouveaux parents après l'accouchement

Julia Wheeler and Veronika Laws via Getty Images

Les services aux nouveaux parents sont réduits dans la plupart des quartiers de Québec. Radio-Canada a appris que depuis novembre, les infirmières ne se rendent plus systématiquement à domicile dans plusieurs secteurs pour visiter les parents un mois après la naissance d'un bébé. Ce service existait depuis 1996.

La mesure touche les secteurs de Sillery, Sainte-Foy, Cap-Rouge, Saint-Augustin-de-Desmaures et L'Ancienne-Lorette, regroupés au sein du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Vieille-Capitale.

Pour les secteurs de Charlesbourg, de Beauport et les trois MRC avoisinantes regroupés au sein du CSSS de Québec-Nord, les visites à domicile sont complètement suspendues dans le cas d'un deuxième ou d'un troisième enfant et ce, depuis janvier 2014.

Les CSSS qui gèrent le service sont en train de revoir leur façon de faire. Un suivi à la clinique médicale demeure toutefois possible, explique Marie-Claude Alain, directrice à l'enfance et à la jeunesse au CSSS de la Vieille-Capitale.

« Ce qu'on a modifié, c'est qu'on fait plutôt un téléphone avec la maman. À partir de critères cliniques, on vérifie comment ça se passe. Par contre, si on décèle qu'il y a de la détresse ou vulnérabilité, on se rend à domicile », précise-t-elle.

La hausse du nombre de naissances dans les dernières années serait à l'origine de ce changement. La demande est devenue trop importante par rapport à ce que peuvent accomplir les infirmières, précise Éric Genest, adjoint à la direction du programme Famille, enfant, jeunesse au CSSS de Québec-Nord.

« Il ne faut pas oublier qu'on a une augmentation de 25 % des naissances depuis l'année 2006, alors on revoit nos pratiques. Mais cette révision-là [...] se fait toujours en respectant les critères de sécurité », dit-il.

À compter du 1er avril, les quatre CSSS de la région de Québec seront tous regroupés. Dans cette optique, les intervenants en santé veulent régulariser les services postnataux.

Un service essentiel, selon certaines

Ce changement est loin de faire l'unanimité. Selon la présidente locale du Syndicat des professionnelles en soins de Québec, Rita Lamothe, les CSSS tentent d'économiser de l'argent aux dépens des femmes et enfants qui ont besoin d'aide.

« Un deuxième, un troisième bébé, c'est souvent là qu'on va dépister des problématiques. On est en mesure d'évaluer le premier, comment il se comporte à la maison à 18 mois, 2 ans, 3 ans, comment le parent se comporte avec l'enfant », dit-elle.

Rita Lamothe ajoute que les femmes qui ont un grand besoin d'aide n'auront peut-être pas la même honnêteté et franchise lors d'une consultation téléphonique que lors d'une rencontre avec l'infirmière.

« La mère qui est en détresse, elle ne pleurera pas nécessairement au téléphone. »

— Rita Lamothe, présidente locale du Syndicat des professionnelles en soins de Québec

L'autre problème, selon Rita Lamothe, c'est que les CSSS ciblent les clientèles à risque, à faible revenu ainsi que les mères monoparentales pour offrir le service à domicile, mais les clientèles à risque proviennent de tous les milieux, souligne-t-elle.

« Il y a aussi du monde bien nanti, à 35 ans, un premier bébé avec une carrière bien établie. [...] [Ces femmes] ne s'inscrivent pas dans une clientèle vulnérable. Pourtant, elles en ont autant besoin que les autres, sinon plus », précise Rita Lamothe.

Pratique pour les familles

Marie-Claude Morin a vécu ces changements, ayant eu un enfant avant que la visite à domicile ne soit retirée, puis un autre enfant depuis que les changements ont été apportés. Elle dit avoir préféré de loin recevoir la visite d'une infirmière après un mois.

« Ça nous évite de sortir. Si le bébé a faim, on est à la maison, on lui donne du lait. C'est plus personnalisé à la maison », fait-elle valoir.

Mère de deux enfants, Marie-Claude Morin croit que la visite à domicile a la même importance pour le premier que pour le troisième bébé. « On n'a pas touours des bébés pareils. Le deuxième, on peut avoir plus de difficultés », fait-elle remarquer.

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