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16/02/2015 03:20 EST | Actualisé 18/04/2015 05:12 EDT

Trop peu de réalisatrices noires travaillent à Hollywood?

Tetra Images via Getty Images
USA, North Carolina, Empty cinema seats

Trois cinéastes noires ont réalisé des films sortis aux États-Unis en 2014, soit plus que jamais dans une même année.

L'un de ces films, «Selma» d'Ava DuVernay, fait même partie des finalistes pour l'Oscar du Meilleur film qui sera remis dimanche. Les deux autres sont «Beyond The Lights» de Gina Prince-Bythewood et «Belle» d'Amma Asante.

Sauf que trois films sur un total annuel de 373 sorties en salle, c'est bien peu.

Les cinéastes noires sont l'une des plus grandes raretés d'Hollywood. Au cours des sept dernières années, seulement trois d'entre elles ont vu leurs oeuvres s'insérer parmi les 700 meilleurs films, selon une étude récente de la Media, Diversity & Social Change Initiative de l'Université de Californie du Sud.

Selon la directrice de l'Initiative, Stacy L. Smith, le monde des réalisateurs est difficile à percer pour les femmes et les minorités. Plus de 95% des réalisateurs des succès du box-office de la dernière décennie ont été des hommes, et près de 90 pour cent de ceux derrière les 700 meilleurs films des sept dernières années étaient blancs.

Ce qui veut dire que le débat sur le manque de diversité parmi les nommés aux Oscar cette année masque peut-être un problème plus grand, celui de l'absence flagrante de diversité parmi ceux qui racontent des histoires au grand écran.

«Les Oscar ne sont pas le problème», fait remarquer Gina Prince-Bythewood, dont le film a récolté une nomination dans la catégorie Musique (Chanson originale) grâce à «Grateful», de Diane Warren. «Il s'agit plutôt d'Hollywood et des films auxquels on donne le feu vert.»

Prince-Bythewood trouve également décourageant le manque de films à propos des femmes. Un constat que partage Amma Asante, qui souligne que les histoires des huit longs métrages en nomination pour l'Oscar 2015 du Meilleur film concernent des hommes.

Celle-ci suggère aussi que le succès de «12 Years a Slave» («Esclave pendant douze ans»),«The Butler» («Le Majordome») et «Mandela» («Mandela - Un long chemin vers la liberté») — trois films mettant en scène des protagonistes noirs — en 2013 pourrait avoir contribué à la décision de financer leurs trois films la même année.

«Nous avons été chanceuses de recevoir le feu vert au même moment, alors que ces films qui sont sortis avant les nôtres ont prouvé qu'ils étaient importants et qu'ils attiraient les foules», affirme Amma Asante.

Sauf qu'il n'y a aucun signe qu'une tendance soit en train de se créer ou que de le nombre de femmes et de minorités qui travaillent derrière la caméra continuera à augmenter, se désole Ava DuVernay.

La frustrante vérité, selon elle, est que le nombre de femmes, toutes origines confondues, qui oeuvrent à Hollywood est demeuré pratiquement inchangé au cours des deux dernières décennies, oscillant autour de cinq pour cent.

Mais les cinéastes interviewées insistent: les femmes doivent continuer de faire du cinéma. «Arrêtez d'attendre que quelqu'un vous dise que c'est OK avant d'aller de l'avant», avertit Mme DuVernay. «Vous n'avez qu'à trouver une manière de faire aboutir votre film... Et vous devez le faire aboutir coûte que coûte avec tous les moyens dont vous disposez.»

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