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16/02/2015 12:45 EST

Procès de Dominique Strauss-Kahn: des prostituées abandonnent leur poursuite, faute de preuves

FRANCOIS LO PRESTI via Getty Images
Former IMF chief Dominique Strauss-Kahn leaves his hotel on February 16, 2015, in the northern French city of Lille to attend a session at the third week of the so-called 'Lille Carlton Hotel Case' trial. Fourteen people in total are facing the charge, in a trial involving interlocking cases of well-connected friends accused of introducing each other to prostitutes, and procuring prostitutes for sex parties. Strauss-Kahn, the most high-profile protagonist, admited to attending orgies organized by his entourage, but denies knowing the women lavishing their attention on him were prostitutes. AFP PHOTO / FRANCOIS LO PRESTI (Photo credit should read FRANCOIS LO PRESTI/AFP/Getty Images)

Deux prostituées ont abandonné lundi les poursuites engagées à l'encontre de Dominique Strauss-Kahn, faute de preuves, dans le procès pour proxénétisme aggravé devant un tribunal français, à la veille des réquisitions du parquet.

Les deux prostituées avaient livré la semaine dernière à la barre du tribunal de Lille (nord) un témoignage entrecoupé de larmes sur le caractère brutal des rapports sexuels avec DSK, ce qui, selon elles, montrait bien qu'il savait parfaitement qu'elles étaient des prostituées et non des libertines.

"Nous avons la conviction que M. Strauss-Kahn avait la pleine et entière connaissance de l'état de prostituée (de ses clientes ndlr). Mais cette conviction ne suffit certainement pas à constituer l'infraction", a regretté Me Gilles Maton, avocat de quatre prostituées dont deux ont abandonné les poursuites, Jade et Mounia.

Une association a également abandonné la partie à l'encontre de Dominique Strauss-Kahn, jugé aux côtés de treize autres prévenus, et qui encourt dix ans d'emprisonnement.

"Equipes d'action contre le proxénétisme retire sa constitution de partie civile", a déclaré l'avocat de cette association Me David Lepidi lors de l'audience consacrée aux plaidoiries des parties civiles dans le procès dit "du Carlton de Lille", du nom d'un hôtel où des parties fines étaient organisées.

Au cours des trois jours d'audience la semaine dernière, DSK a affirmé qu'il ignorait que les femmes qu'il rencontrait lors de soirées libertines étaient des professionnelles du sexe.

"Pour M. Strauss-Kahn, l'omerta a parfaitement fonctionné", a noté avec ironie David Lepidi, alors que DSK en costume noir, chemise sombre, restait impassible.

Gilles Maton a, lui, évoqué sa première impression à l'arrivée de DSK dans l'antre de la salle d'audience. Il dit avoir vu alors "le minotaure, la puissance à l'état brut", en référence aux dessins érotiques de Picasso centrés sur l'animal mythologique.

'Oeuvre de salubrité publique'

Plus tôt dans la journée ouvrant la troisième et dernière semaine du procès, Me Emmanuel Daoud, qui défend le Mouvement du Nid, une association en lutte contre les causes et conséquences de la prostitution, s'était félicité d'avoir gagné son pari "que ce procès serait une oeuvre de salubrité publique".

Pour preuve: le Sénat a décidé d'étudier fin mars une proposition de loi pénalisant les clients de prostituées, a-t-il souligné.

"Ce n'est pas seulement le procès de ces quatorze prévenus qui s'est tenu, pas seulement celui du proxénétisme, de la prostitution, c'est aussi le procès de notre société", estimait Me Daoud à l'entame de sa plaidoirie.

Qualifiant le procès de "hors norme par son casting et terriblement ordinaire par son objet", l'avocat a conclu qu'après le témoignage des anciennes prostituées "nous ne ricanerons plus à l'évocation des parties fines".

"Notre objectif en venant ici était d'avoir leur parole prise en considération, et elle-même prises en considération en tant que personnes, et non comme des +petites+, du +matériel+, des +dossiers+", indique Me Maton en parlant de ses clientes et des surnoms qui leur étaient donnés par les prévenus, dont DSK.

Si les prostituées s'attendent à ce que le parquet, qui avait émis des doutes sur l'implication de DSK dans un réseau de proxénétisme, demande mardi la relaxe de l'ancien chef du FMI, leurs avocats ont "chargé" certains des autres prévenus.

Qualifiés de "messieurs en col blanc", proxénète "BCBG" par l'accusation, certains sont accusés d'avoir directement rencontré et recruté les prostituées pour l'organisation de parties fines de DSK à Lille, en Belgique ou à Washington.

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