POLITIQUE
16/02/2015 10:42 EST | Actualisé 18/04/2015 05:12 EDT

Le gouvernement Harper se place du mauvais côté de l'histoire, selon le représentant de la Palestine au Canada

jfgornet/Flickr
Rond-Pont des Champs Elysées, Paris

OTTAWA - Le Canada s'oppose formellement aux tentatives de la Palestine d'adhérer à 15 traités et conventions des Nations unies. Un refus qui place le gouvernement conservateur du mauvais côté de l'histoire et en porte-à-faux avec ses citoyens, selon le représentant la délégation palestinienne au Canada, Saïd Hamad.

Le gouvernement fédéral s'est objecté par écrit aux démarches de la Palestine, soutenant qu'elle n'est pas un État légalement constitué. Ce à quoi les Palestiniens ont répondu, toujours par écrit, qu'ils avaient acquis le statut d'observateur non membre à l'Assemblée générale de l'ONU en novembre 2012.

Le Canada avait voté contre cette reconnaissance, tout comme Israël, les États-Unis et six autres pays.

Plus récemment, le gouvernement de Stephen Harper a officiellement enregistré ses objections auprès du Secrétaire général de l'ONU et de la Cour pénale internationale. «La tentative provocatrice des Palestiniens de politiser les organisations internationales ne contribuera pas à la paix dans cette région», a affirmé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, François Lasalle.

Le récent échange entre les deux gouvernements a provoqué les critiques palestiniennes les plus acerbes jusqu'à maintenant envers le support indéfectible du gouvernement Harper à Israël.

«Les Palestiniens sont peinés de constater que le Canada tente de nous exclure de notre place légitime dans le concert des nations. C'est embarrassant de voir un grand pays comme le Canada relégué au rôle de meneuse de claques des extrémistes israéliens à l'ONU», a déclaré Saïd Hamad par courriel.

«Plus tard, quand les Canadiens se rappelleront des positions actuelles de leur gouvernement, ils seront horrifiés de constater que le voir si fermement opposé à la justice et, jusqu'ici, du mauvais côté de l'histoire», a ajouté le représentant la délégation palestinienne à Ottawa.

Il souhaite que le Canada développe ses propres position dans le dossier, plutôt que «de réciter comme des perroquets les politiques développées par le Likoud et ses alliés ultranationalistes».

Le 29 novembre 2012, John Baird, qui était alors le ministre canadien des Affaires étrangères, s'était rendu à l'Assemblée générale de l'ONU, à New York, pour s'opposer à la demande de reconnaissance palestinienne. Aujourd'hui, le gouvernement réitère que si l'organisation internationale ne considère pas la Palestine comme un État, elle ne devrait pas lui permettre d'adhérer à ses traités.

Selon des documents des Nations unies, le Canada s'est objecté à l'adhésion de la Palestine au Statut de Rome, qui a mené à la création de la Cour pénale internationale et est lié à 14 autres conventions et protocoles. Parmi eux, la Convention sur la diversité biologique, la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, ainsi que celles contre la criminalité transnationale organisée et sur les droits des femmes.

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