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16/02/2015 04:10 EST | Actualisé 17/04/2015 05:12 EDT

Nouveaux tirs d'artillerie dans l'est de l'Ukraine, en dépit du cessez-le-feu

LUHANSKE, Ukraine - Des échanges soutenus de tirs d'artillerie étaient toujours entendus lundi autour d'une ville stratégique de l'est de l'Ukraine — des combats qui pourraient mettre à mal le cessez-le-feu négocié par des leaders européens la semaine dernière.

La trêve conclue par les leaders de l'Ukraine, de la Russie, de l'Allemagne et de la France prévoit le retrait des armes lourdes de la ligne de front à compter de mardi. Cela pourrait ne pas se produire, puisque les rebelles ont déjà indiqué ne pas être satisfaits des conditions sur le terrain.

Des journalistes de l'Associated Press déployés près de Luhanske, une ville contrôlée par le gouvernement située à environ 15 kilomètres au nord du noeud ferroviaire chaudement disputé de Debaltseve, ont entendu lundi des tirs soutenus d'artillerie. Certains des tirs étaient possiblement l'oeuvre des forces gouvernementales.

L'armée ukrainienne contrôle toujours Debaltseve, mais le sort de la ville demeure incertain en dépit du cessez-le-feu.

Les insurgés revendiquent le contrôle de la ville, qu'ils encerclent presque complètement. Debaltseve se trouve entre les bastions rebelles de Donetsk et Lougansk.

Des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe doivent superviser le respect du cessez-le-feu, mais ils ont indiqué dimanche que les rebelles leur ont interdit l'accès à Debaltseve.

En dépit de l'entrée en vigueur de la trêve dans la nuit de samedi à dimanche, cinq soldat ukrainiens ont été tués et 25 blessés au cours des 24 dernières heures, a révélé lundi le porte-parole militaire ukrainien Andriy Lysenko.

L'Ukraine et l'Occident accusent la Russie de fournir des armes et des hommes aux insurgés, ce que Moscou nie systématiquement. La quantité énorme d'armes lourdes dont disposent les rebelles fait toutefois planer un doute important sur la position du Kremlin.

Le porte-parole militaires des prorusses, Eduard Basurin, a déclaré dans une entrevue que la télévision a diffusée lundi que les troupes gouvernementales avaient procédé à des tirs d'artillerie à Horlivka, une localité contrôlée par les rebelles située à une trentaine de kilomètres au nord-est de leur fief, Donetsk.

L'Ukraine a cependant jeté le blâme sur les rebelles. Le chef de police pro-gouvernemental de la région de Donetsk, Vyacheslav Abroskin, a assuré que les séparatistes avaient eux-mêmes bombardé Horlivka afin de faire dérailler la trêve.

«Nous commencerons à retirer nos armes lourdes (du front) quand les Ukrainiens feront de même», a dit M. Basurin.

La trêve semblait tenir le coup partout ailleurs. Les autorités municipales de Donetsk, qui a été pilonnée au cours de la dernière semaine, ne rapportaient lundi aucuns combats dans le secteur.

À Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel a appelé au respect de la trêve. «La situation est fragile, a-t-elle reconnu. (Mais) on devait certainement s'y attendre en ce qui concerne Debaltseve.»

La porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Sawsan Chebli, a évoqué une éventuelle rencontre des ministres allemand, français, russe et ukrainien des Affaires étrangères plus tard cette semaine pour discuter de «nouvelles étapes» en vue de la mise en place de l'accord de paix.

Lundi, l'Union européenne a ajouté 19 individus et neuf organisations (huit groupes séparatistes armés et un mouvement russe qui appuie les insurgés) à la liste des entitéss russes sanctionnées, dont le ministre adjoint russe de la Défense Anatoli Antonov, deux dirigeants de la Douma qui avaient appuyé l'annexion de la Crimée l'an dernier et plusieurs commandants des insurgés. Cela signifie que 151 individus et 37 entités font maintenant l'objet de sanctions.

Le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que cette décision est «malhabile» dans le contexte du cessez-le-feu. Le ministère affirme que ces sanctions «vont à l'encontre du bon sens» et qu'elles réduisent «les chances de résoudre un conflit ukrainien interne».

Le conflit ukrainien a fait 5300 morts en 10 mois.

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