DIVERTISSEMENT
16/02/2015 05:46 EST | Actualisé 16/02/2015 06:10 EST

Juste pour rire rendra hommage à François Pérusse

Juste pour rire

Le Gala hommage du prochain Festival Juste pour rire célébrera la carrière et l’œuvre de François Pérusse. Cette soirée, qu’on devine déjà pleine de folies et de jeux de mots absurdes, aura lieu le lundi 20 juillet prochain, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. Y aura-t-il un bicycle jaune sur scène?

«François est, sans l’ombre d’une hésitation, l’un des êtres les plus influents de la génération des humoristes qui occupent aujourd’hui le haut de la scène», fait remarquer Stéphan Bureau, qui orchestre et anime le Gala hommage depuis une dizaine d’années.

«Il a un génie particulier, qui n’appartient qu’à lui. Il est unique, et il a formé, influencé et fait capoter tellement de gens, autant le public que les humoristes. Son univers a un côté bon enfant, ce qui n’enlève rien à sa pertinence. C’est juste bon. Ça rend de bonne humeur. Est-ce que quelqu’un peut être contre la vitamine C? Non. L’humour de François, c’est pareil. Tu ne peux pas être contre. Si tu es dans ton auto, coincé dans le trafic, déprimé, tu écoutes un Album du peuple et soudainement, tu n’es plus dans le trafic, tu es dans le délire de François», continue Stéphan Bureau.

L’exemple n’est pas qu’une image ; François Pérusse a réellement déjà reçu, il y a bien longtemps, un fax d’un conducteur de semi-remorque qui lui racontait avoir dérapé et pris le fossé parce qu’il riait trop en écoutant Les 2 minutes du peuple à la radio. Le principal intéressé s’amuse de cette anecdote comme il blague sur à peu près tous les sujets, sans se prendre au sérieux. Or, la fleur que lui fait Juste pour rire en lui dédiant son bien-cuit annuel le touche profondément et ça se sent, même s’il badine toujours un brin.

«C’est tellement d’amour, s’extasie l’homme aux mille voix. Ça ne se refuse pas. Pour moi, c’est une surprise complète. Je l’avoue, je ne me serais jamais attendu à recevoir un tel appel, dans ma vie. C’est Stéphan qui m’a téléphoné, en novembre ; lui et moi, on est des chums. C’est une aventure de plus pour nous. On en a eu quelques-unes, lui et moi, dans des motels, mais ça, on n’en parle pas! (rires) Mon plaisir est doublé par la hâte de voir ce qu’ils vont faire comme spectacle! Ça ne me quitte pas l’esprit. J’ai même rappelé Stéphan, à 8h30, le lendemain de son appel, pour m’assurer qu’il était sérieux et qu’il ne m’avait pas niaisé!»

Autre bonheur : en plus de sa conjointe, ses deux fils de huit et cinq ans, Frédéric et Jaco, seront à ses côtés lors de l’important événement. Pour l’instant, les petits garçons n’ont aucune idée de ce qu’est un hommage, mais leur papa compte bien le leur expliquer lorsqu’ils déambuleront tous ensemble l’allée de la Salle Wilfrid-Pelletier, sous les applaudissements.

«Je tiens à ce qu’ils soient là, explique François. Toutes les familles sont, généralement, assez unies, mais nous, on est «malade mental» unis. On fait tout ensemble. Bien des couples nous disent, à ma conjointe et moi, qu’on devrait parfois partir en voyage sans les enfants, mais on n’est pas capables!»

Comme les Schtroumpfs

À 54 ans, François Pérusse sera certainement l’un des plus jeunes «hommagés» de Juste pour rire, presque ex-aequo avec les membres de Rock et Belles Oreilles (2009), Claude Meunier (2010) et Jean-Marc Parent (2013).

«Quand on m’a annoncé ça, j’aurais pu avoir 70 ou 88 ans et j’aurais quand même fait le saut. Parce que je sais que j’ai fait la tête dure tout au long de ma carrière. Je n’ai jamais voulu m’engager dans du spectacle, j’ai toujours voulu travailler en studio, je ne suis jamais tellement sorti de ma zone de confort. Mais je ne dis pas que c’est toujours confortable, de travailler seul ; je ne le conseillerais pas à mes enfants.

La solitude, il y a des gens qui ont de la misère avec ça», précise l’heureux récipiendaire, qui soutient avoir longtemps refusé de faire de la télévision par crainte, justement, de devoir abandonner ses habitudes de «vieux garçon», à l’aise en tête-à-tête avec sa console.

Une fois l’émotion passée, la question se pose : comment salue-t-on les réalisations de François Pérusse, essentiellement sonores, rarement matérialisées à l’écran, sinon dans des séries comme le JourNul ou Pérusse Cité?

«C’est le problème inverse de celui auquel Peyo, le créateur des Schtroumpfs, faisait face, illustre Stéphan Bureau. La première fois que sa bande dessinée a été transposée en dessin animé, tout le monde se demandait à quoi ressemblerait la voix des Schtroumpfs. Tout le monde avait son opinion. Avec François, on a le problème contraire. De quoi a l’air le gars qui magasine? Mais on se dit que ça n’a pas franchement d’importance ; les personnages de François sont tellement forts qu’on va accepter à peu près n’importe quelle convention. Ceci dit, bien des choses ne sont pas encore arrêtées.»

Véritablement complices, Stéphan Bureau et François Pérusse ont collaboré à quelques reprises professionnellement. C’est d’ailleurs en duo qu’ils avaient conçu le JourNul, cette parodie de bulletin de nouvelles animé, en capsules quotidiennes d’une minute, qui a cartonné à TVA, avant le coup de 19h, entre 1999 et 2001. À l’origine, le JourNul devait être inséré dans le Téléjournal de Radio-Canada qu’animait Stéphan Bureau à la fin des années 1990. Un pilote avait même été tourné avec Paul Martin, qui avait réagi en direct aux caricatures et commentaires drôles de Pérusse. Un concours de circonstances a cependant mêlé les cartes, et le JourNul n’a finalement pu voir le jour à Radio-Canada. Le 8 octobre, jour de son anniversaire, Pérusse apprenait qu’il devait trouver un autre diffuseur pour son projet. Il s’est donc tourné vers le compétiteur.

C’est donc dire que Stéphan Bureau connaît bien son ami et sait comment le faire rire. Et, comme le veut la tradition, quantité de personnalités défileront sur les planches le soir du Gala, pour exprimer leur affection à François Pérusse, le dérider et survoler son parcours de manière originale.

«Les hommages de Juste pour rire, en général, c’est comme refaire Ben Hur, signale Stéphan Bureau. À un point tel que ça n’a pas été très payant pour l’entreprise, au fil des années, parce qu’il y a beaucoup de monde! L’an dernier, pour Gilles Latulippe, je crois qu’il y avait une centaine de personnes sur la scène, dont une quarantaine de membres de l’Union des artistes. Et encore cette fois, il y aura beaucoup de monde…»

Le 33e Festival Juste pour rire se tiendra du 9 au 25 juillet 2015. Hahaha.com pour vous procurer des billets pour les différents Galas et pour plus d’informations.

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