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14/02/2015 07:18 EST | Actualisé 15/02/2015 01:37 EST

Ukraine: le cessez-le-feu violé en permanence autour de Debaltseve

SERGEI SUPINSKY via Getty Images
Ukrainian President Petro Poroshenko arrives for a live broadcast in Kiev to order the military to implement a ceasefire early on February 15, 2015. The peace process in Ukraine is being 'threatened' by pro-Russian separatists who have virtually encircled Ukrainian troops in the key battleground town of Debaltseve, President Petro Poroshenko said early on February 15, shortly after the start of an agreed ceasefire. AFP PHOTO/ SERGEI SUPINSKY (Photo credit should read SERGEI SUPINSKY/AFP/Getty Images)

Coups de canon et de mortiers, tirs de mitrailleuses et snipers embusqués... le cessez-le-feu était violé en permanence dimanche près de Debaltseve, à 65 km au nord-est de Donetsk, bastion des rebelles de l'Est de l'Ukraine.

"Ça a tiré toute la nuit et toute la journée", résume Oleg, responsable d'une base rebelle qui se trouve à quelques kilomètres de Debaltseve, près d'une mine abandonnée. Tout autour, des bâtiments détruits, des terrils hauts de 150 m, des chars en position de tir et des soldats en arme.

Signé jeudi à Minsk entre Kiev et les séparatistes prorusses, sous la pression des dirigeants russe, allemand et français, le cessez-le-feu entré en vigueur dimanche et globalement respecté partout ailleurs était totalement ignoré aux abords de Debaltseve, nœud ferroviaire stratégique que les rebelles essaient depuis une semaine de prendre aux forces ukrainiennes.

"Le cessez-le-feu, c'est juste pour organiser une rotation des troupes et faire parvenir du ravitaillement", estime Oleg, alors que les coups de canon, tirs de mortiers et rafales de mitrailleuse ne cessent guère aux alentours.

Pour arriver jusqu'à cette base, il faut passer par un village déserté par ses habitants, emprunter une route boueuse dans la forêt, où passent les blindés partant pour le front, et éviter un pont qui s'est écroulé après un bombardement.

tirs de canons, de mortiers et snipersAu détour d'un virage, quelques coups de feu. "Deux snipers ukrainiens ont pris position sur le terril d'en face", affirme un combattant rebelle, nom de guerre "Max", 43 ans.

Vaguement protégé par un arbre, Max tire en direction du terril. "Je suis un ancien mineur, je sais ce que c'est qu'un terril. C'est difficile de déloger un sniper qui s'y cache".

Bientôt, d'autres combattants rebelles attaquent à la mitrailleuse la position présumée du sniper.

"Les Ukrainiens envoient des petits groupes qui essaient de s'infiltrer derrière nos lignes. C'est dangereux. Un sniper touche sa cible à 1.800 m et avec des munitions appropriées, il n'a aucun mal à percer le blindage d'un char qui va alors brûler et exploser", poursuit Max.

Les négociations de paix et les accords de cessez-le-feu semblaient très loin du front de Debaltseve, où l'intensité des combats semblait dimanche à peine inférieure à ce qu'elle était la semaine dernière selon des journalistes de l'AFP sur place.

nous attendons l'ordre de lancer l'assaut"Nous attendons l'ordre de lancer l'assaut sur la ville. Ce sera sans doute l'affaire de quelques jours", affirme Oleg.

Les autorités rebelles estiment que quelque 5 000 soldats ukrainiens sont quasiment encerclés à Debaltseve, ce que Kiev dément.

Le principal leader séparatiste prorusse de l'est de l'Ukraine avait laissé entendre samedi que le cessez-le-feu conclu avec Kiev ne s'appliquerait pas à Debaltseve. 

"Il n'y a pas un mot sur Debaltseve dans les accords de Minsk", avait déclaré le dirigeant de la république autoproclamée de Donetsk Alexandre Zakhartchenko cité par le site officiel séparatiste.

Dimanche soir, un porte-parole militaire ukrainien, Anatoli Stelmakh, a déclaré que les positions ukrainiennes avaient été visées à 60 reprises depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu dans l'Est rebelle de l'Ukraine et que Debaltseve était "le point le plus chaud" depuis le début de la trêve à 22H00 GMT.

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