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14/02/2015 12:07 EST | Actualisé 14/02/2015 12:08 EST

Texter en marchant, c'est dangereux!

Businesswoman looking at smart phone in train station foyer
Alistair Berg via Getty Images
Businesswoman looking at smart phone in train station foyer

Les dangers de texter au volant ne sont plus à démontrer, mais faudrait-il aussi s'inquiéter pour la sécurité de ceux qui envoient des textos en marchant? Quelques villes américaines imposent déjà des amendes à ceux qui textent en marchant, et certains États songent même à interdire cette pratique.

Un texte de Louise Beaudoin

Au Québec, entre 2011 et 2013, pas moins de 27 piétons ont été blessés - dont cinq gravement - dans des incidents où l'inattention des marcheurs qui textaient est la cause probable de l'accident. Texter en marchant causerait ainsi de plus en plus d'accidents.

Au Tech3Lab de HEC Montréal, le chercheur postdoctoral François Courtemanche s'intéresse au phénomène.

« Texter en marchant, c'est une tâche très difficile, beaucoup plus difficile qu'on ne pourrait le croire. J'essaie de suivre une cible en mouvement, lire des petits caractères, j'ai besoin d'une dextérité fine, je crée de la communication, j'ai besoin de mémoire à long terme. Donc il reste beaucoup moins de ressources à attribuer ailleurs. »

— François Courtemanche, chercheur postdoctoral

Le scientifique a voulu déterminer si un piéton qui texte est aussi habile à voir le danger que celui qui ne texte pas, par exemple en prenant un escalier mécanique, en entrant dans le métro ou en traversant la rue.

Le saviez-vous? Le fait de texter en marchant fait augmenter le risque de collision de 32,7 %

Il a enregistré l'activité électrique du cerveau d'étudiants pendant qu'ils textaient sur un tapis roulant.

Face aux participants, on projetait un personnage qui obliquait soit vers la gauche ou vers la droite. Un signal sonore avertissait le texteur de relever la tête : il devait alors déterminer de quel côté le personnage se dirigeait pour l'éviter.

Chaque fois, l'activité électrique du cerveau était enregistrée au moyen d'électrodes. L'équipe de chercheurs s'est intéressée à une fréquence particulière : la bande alpha.

Les variations de cette fréquence indiquent les efforts du cerveau pour se dégager d'une tâche et recentrer son attention vers une autre tâche.

Cette période où le cerveau s'efforce de changer de tâche est cruciale. Plus la bande alpha augmente au moment où on relève la tête, plus les risques de se tromper sont importants.

« Quand je relève la tête, ma tête vient en premier, mais mon attention arrive comme deux secondes après. Et puis pendant ces deux secondes où j'ai levé les yeux et que je suis prêt à faire une tâche, mais que mon attention n'est pas encore arrivée, c'est là que je suis en danger. »

— François Courtemanche

Ce délai de quelques secondes cause en quelque sorte un aveuglement temporaire. L'expérience montre que les texteurs sont moins habiles à déterminer d'où vient le danger lorsqu'ils relèvent la tête. François Courtemanche a constaté une diminution de la performance des étudiants qui textaient sur le tapis roulant. Dans 5 à 6 % des cas, ils se trompent lorsqu'ils identifient la direction du personnage projeté devant eux.

« Ça ne semble pas un coût très énorme, mais dans la rue ou dans le métro, un petit moment d'inattention où on a 5 à 6 % plus de risque d'aller du mauvais côté ben là, ça peut coûter la vie. »

— François Courtemanche

Cette étude est le début d'une série d'expériences qui pourraient mener à des recommandations.

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