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13/02/2015 03:47 EST | Actualisé 15/04/2015 05:12 EDT

Les accusations d'entrave à la justice maintenues contre la présidente argentine

BUENOS AIRES, Argentine - Un procureur a réitéré les accusations pesant contre la présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner, qui pourrait avoir protégé les responsables d'un attentat à la bombe commis contre un centre communautaire juif de Buenos Aires en 1994.

Gerardo Pollicita pourra donc poursuivre l'enquête amorcée par le procureur Alberto Nisman, retrouvé mort d'une balle dans la tête le 18 janvier dernier.

Le lendemain, M. Nisman devait déposer les accusations devant le Congrès. Il avait accusé Mme Fernandez de Kirchner et le ministre des Affaires étrangères, entre autres, d'avoir caché certaines informations en échange d'ententes commerciales favorables à l'Argentine avec l'Iran.

La présidente et son ministre ont vivement nié les allégations et l'Iran a nié toute responsabilité dans l'attaque qui avait causé la mort 85 personnes à l'époque.

Dans un communiqué publié vendredi, M. Pollicita a réitéré ces accusations, ajoutant qu'une enquête serait nécessaire pour compiler toutes les preuves dans l'affaire. Il présentera ses résultats au juge fédéral Daniel Rafecas, qui décidera si un procès doit être organisé.

Le chef de cabinet Jorge Capitanich a parlé d'un «coup d'État judiciaire». Il a indiqué qu'il s'agissait d'un «mensonge» ayant pour objectif de déstabiliser le gouvernement argentin.

«Il s'agit du plus gros coup d'État judiciaire dans l'histoire de l'Argentine afin de protéger les vrais auteurs du crime», a-t-il tranché.

Le porte-parole de la présidente, Anibal Fernandez, a souligné quant à lui qu'une telle nouvelle n'avait «aucune valeur légale».

Selon l'enquête du procureur Nisman, totalisant près de 300 pages, des enregistrements électroniques datant de 2013 prouvent que les deux pays ont conclu une entente secrète. Le document avait été présenté à un juge quelques jours avant son décès.

L'avocat criminaliste Juan Jose Avila croit que, pour l'instant, les accusations ne passeront pas le test des tribunaux. «Aucune accusation n'a été prouvée», a-t-il remarqué.