NOUVELLES
13/02/2015 05:25 EST | Actualisé 15/04/2015 05:12 EDT

Le Carnaval de Rio est en cours; les fêtards ont cinq jours pour s'éclater

RIO DE JANEIRO - Les cinq jours de défilés hauts en couleurs et de célébrations fortement arrosées, qui ont rendu le Carnaval de Rio si populaire à l'échelle internationale, ont pris leur envol vendredi.

Le tout a commencé alors que les journaux brésiliens débordent de mauvaises nouvelles par rapport à la stagnation de l'économie, à une importante sécheresse et à une affaire de corruption liée à la société d'État Petrobras, une géante dans l'industrie de l'or noir.

Lors de la cérémonie annuelle marquant le début des festivités, le maire de Rio de Janeiro Eduardo Paes a remis les clés de sa ville au Roi Momo, le bouffon mythique qui règne sur les réjouissances.

En outre, les musiciens du groupe Unidos da Tijuca ont joué un pot-pourri de classiques de la samba constituant la trame sonore du Carnaval de Rio et quelques danseurs en ont profité pour présenter leurs mouvements sophistiqués au grand public.

M. Paes a reconnu que, dans son pays, les temps sont durs, mais il a fait valoir que l'événement pourrait constituer un répit bien mérité.

Il a ajouté que les citoyens de sa ville ont certes «beaucoup de problèmes, de défis et de défauts» mais qu'ils sont également «très fiers d'habiter dans un endroit comme Rio de Janeiro».

Eduardo Paes a indiqué que les festivités insuffleront une bonne dose de plaisir au sein de sa communauté qui en a cruellement besoin.

Plus de 450 fêtes vontavoir lieu dans les rues de la ville, ce qui devrait suffire à y attirer quelque 975 000 touristes.

La présence de ces visiteurs permettra l'injection de 780 millions $ dans l'économie locale, selon M. Paes.

Malgré les importantes retombées ayant été prévues, certains citoyens vont sans doute se plaindre des «blocos».

Ces parties de plaisir, qui se déroulent à l'extérieur, bloquent la circulation, génèrent des tonnes de détritus et compliquent la vie quotidienne des habitants de secteurs comme Ipanema et Copacabana.

Ces deux quartiers longeant la plage sont les épicentres des «blocos» dont les thématiques sont très variées.

Les participants enfilent des costumes, ils chantent, ils dansent et ils boivent des quantités impressionnantes de bière sous le soleil brûlant.

Alors que le scandale ébranlant Petrobras fait les manchettes sur une base quotidienne, les déguisements s'inspirant de l'industrie pétrolière devraient être particulièrement prisés cette année.

Une entreprise de Rio de Janeiro a même confectionné des masques à l'effigie de Maria das Gracas Foster, l'ancienne présidente de la société d'État ayant démissionné plus tôt durant le mois.

Généralement, le Carnaval de Rio est un immense événement non seulement à l'échelle de sa ville d'accueil mais également à travers l'ensemble du Brésil.

Des célébrations dignes de mention sont prévues notamment dans des villes du nord du pays comme Salvador et Olinda.

Cependant, certaines petites communautés du sud-est, qui doivent composer avec une sécheresse sans précédent en pratiquement 80 ans, ont dû annuler leurs festivités.

Le Carnaval de Rio prendra fin mercredi.

Juste avant sa conclusion, il y aura un défilé qui durera toute une nuit et dans le cadre duquel la samba sera à l'honneur.

De nombreux groupes vont alors se produire aux côtés de danseurs aux costumes chatoyants et révélateurs dans l'espoir de rafler le titre de formation musicale de l'année.