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13/02/2015 10:14 EST | Actualisé 15/04/2015 05:12 EDT

La violence se poursuit dans l'est de l'Ukraine, malgré l'accord de paix

LOUGANSK, Ukraine - La violence s'est poursuivie de plus belle vendredi dans l'est de l'Ukraine, quand les rebelles prorusses ont lancé une vaste offensive pour tenter de s'emparer d'un noeud ferroviaire stratégique avant l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en fin de semaine. Au moins 26 personnes ont perdu la vie dans la région.

Les combats semblent uniquement s'intensifier depuis que les leaders de la Russie, de l'Ukraine, de l'Allemagne et de la France ont conclu un accord de paix plus tôt cette semaine à Minsk, au Bélarus. Les hostilités doivent cesser samedi à 17 h, heure de Montréal.

La chancelière allemande Angela Merkel a prudemment déclaré que l'accord conclu jeudi représente une «lueur d'espoir».

Le noeud ferroviaire de Debaltseve, qui est actuellement contrôlé par le gouvernement, a été frappé par des dizaines d'obus et de roquettes au cours des 24 heures qui se sont écoulées depuis la signature de l'accord de Minsk, ont affirmé des responsables militaires ukrainiens.

Des journalistes de l'Associated Press ont été témoins vendredi de bombardements nourris le long d'une autoroute au nord de la ville, le seul lien terrestre qui persiste entre la ville et le territoire gouvernemental.

L'agence de presse Interfax-Ukraine cite le ministre ukrainien adjoint de la Défense, Petro Mekhed, selon qui les rebelles auraient reçu ordre de s'emparer de Debaltseve et de la ville portuaire de Marioupol d'ici à dimanche.

Le porte-parole militaire Andriy Lysenko a déclaré vendredi que 11 soldats ont été tués et 40 blessés au cours de la dernière journée. Des autorités locales loyales à Kiev font état de huit morts civils dans les secteurs qu'elles contrôlent, tandis que les rebelles rapportent sept personnes tuées par des frappes d'artillerie dans les villes séparatistes de Lougansk et Horlivka.

Les insurgés ont récemment presque entièrement encerclé les forces ukrainiennes à Debaltseve, où on ne retrouve plus que quelques milliers de civils.

L'Ukraine estime que Debaltseve devrait demeurer sous le contrôle du gouvernement en vertu d'un accord de paix conclu en septembre. Même les présidents de la Russie et de l'Ukraine, qui ont ratifié l'accord, ne semblent pas s'entendre sur ce point.

Les rebelles semblent toutefois s'être emparés du village de Lohvynove, tout juste au nord de Debaltseve. Des journalistes de l'Associated Press ont vu vendredi deux blindés ukrainiens calcinés près du village de Luhanske, à 10 kilomètres de Lohvynove.

Des roquettes ont même retenti à Artemivsk, une ville contrôlée par le gouvernement située à quelque 40 kilomètres de la ligne de front. Un enfant et un civil ont été tués par les bombardements, selon les autorités.

La garde nationale ukrainienne affirme que des soldats russes participent activement aux combats. Moscou nie systématiquement fournir des armes ou des hommes aux rebelles, une affirmation qui est tournée en dérision par l'Ukraine et l'Occident.

Les forces ukrainiennes indiquent avoir repris une poignée de villages dans le sud-est du pays, près de la mer d'Azov. L'offensive viserait à repousser les rebelles de la ville de Marioupol, mais l'armée refuse de laisser les journalistes entrer dans le secteur.

Le secrétaire général de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Lamberto Zannier, a déclaré vendredi, à Kiev, qu'il espère que les violences auront pris fin d'ici à la date limite. L'OSCE supervisera le cessez-le-feu en Ukraine. Selon M. Zannier, la collaboration des soldats sur le terrain sera essentielle pour qu'elle puisse remplir son mandat.

«Des véhicules aériens ont été ciblés plus d'une fois, nos agents ont été pris en otage. Il doit y avoir un changement d'attitude», a-t-il précisé.

La prochaine étape, qui doit débuter lundi, comprend la création d'une importante zone-tampon entre les deux camps. Les pièces d'artillerie et les roquettes seront retirées de 50 à 140 kilomètres des lignes de front, selon leur puissance. Ce retrait doit être complété en deux semaines.

D'autres questions épineuses — comme l'autonomie des régions contestées dans l'est — doivent être réglées d'ici la fin de l'année. L'amnistie des participants au conflit pose aussi problème.