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13/02/2015 01:35 EST | Actualisé 13/02/2015 08:24 EST

Argentine : l'enquête contre la présidente Cristina Kirchner officiellement rouverte

ASSOCIATED PRESS
Argentina's President Cristina Fernandez listens to the national anthem during a ceremony marking the 32th anniversary of the start of the Falklands conflict, at the Casa Rosada presidential palace, in Buenos Aires, Argentina, Wednesday, April 2, 2014. (AP Photo/Victor R. Caivano)

L'Argentine vit de nouveau des temps troubles et le sort de sa présidente, Cristina Fernandez Kirchner, est plus que jamais incertain. Vendredi, le procureur fédéral du pays, Gerardo Pollicita, a demandé l'ouverture d'une enquête sur Mme Kirchner et son ministre des Affaires étrangères fondée sur des allégations d'entrave à la justice et de manquement au devoir d'un fonctionnaire.

L'affaire n'est pas nouvelle : le mois dernier, un autre procureur, Alberto Nisman, s'apprêtait à formellement mettre en cause la présidente argentine au terme d'une enquête longue de dix ans recensée dans un document de près de 300 pages et étayée d'écoutes téléphoniques.

Seulement voilà : Alberto Nisman est mort dans des circonstances mystérieuses le 18 janvier dernier, une arme à ses côtés. Des preuves viennent réfuter la thèse du suicide. Sa mort a d'autant plus indigné la population que l'histoire récente du pays est parsemée de morts douteuses.

Pour comprendre les allégations formulées contre la présidente Kirchner, il faut remonter au 18 juillet 1994 : ce jour-là, un attentat antisémite perpétré contre la mutuelle juive AMIA a fait 85 morts et 300 blessés à Buenos Aires.

L'enquête du défunt procureur Nisman ciblait l'Iran comme commanditaire de l'attentat, ce qu'a toujours nié Téhéran. Plus encore, selon le procureur, des hommes du groupe armé chiite libanais Hezbollah avaient fait sauter le bâtiment abritant les principales institutions juives de l'Argentine.

Plus tôt, en 1992, un autre attentat avait frappé le pays lorsqu'une voiture piégée avait visé l'ambassade d'Israël à Bunos Aires. Bilan 29 morts.

La justice n'a toujours pas élucidé les attaques de 1992 et de 1994.

L'Argentine aurait eu intérêt à protéger l'Iran

Quatre jours avant de mourir, en janvier dernier, Alberto Nisman avait publiquement déclaré que le gouvernement de l'Argentine avait cherché à entraver l'enquête sur l'attentat contre l'AMIA, dans le but de garantir l'impunité de hauts fonctionnaires iraniens.

Buenos Aires aurait ainsi tenté de couvrir Téhéran afin de promouvoir ses relations commerciales avec l'Iran.

La présidente Kirchner a farouchement nié avoir entravé la justice dans une série de publications sur son blogue, de messages sur Facebook et sur Twitter. Elle a de plus fait à la télévision une allusion à de présumés espions qui auraient fomenté des complots.

Élue pour la première fois en 2007, puis réélue en 2011, elle dirige une coalition de centre-gauche qui détient la majorité dans les deux chambres du Parlement.

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