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11/02/2015 07:43 EST | Actualisé 13/04/2015 05:12 EDT

Vingt-cinq ans plus tard, Buster Douglas se rappelle de sa victorie choc

COLUMBUS, États-Unis - Un uppercut et trois coups de poing subséquents ont fait de James «Buster» Douglas un homme célèbre. Et 25 ans plus tard, l'éphémère champion du monde des poids lourds se plaît toujours d'apprendre que sa victoire par mise hors de combat aux dépens de Mike Tyson se classe parmi les plus grandes surprises de l'histoire du sport.

«Être couronné champion du monde était un rêve pour moi, a déclaré Douglas au sujet de sidérante victoire du 11 février 1990. Atteindre ce but a été le moment suprême. C'était incroyable.»

Boxeur prometteur mais énigmatique, Douglas n'avait en principe aucune espèce de chance de demeurer debout bien longtemps devant le champion des poids lourds, invaincu jusque-là, lors de leur duel à Tokyo. Ce combat devait d'abord et avant tout permettre à Tyson de se préparer en vue d'un affrontement contre Evander Holyfield, une étoile montante.

En fait, la veille du rendez-vous entre Tyson et Douglas, le promoteur Don King a convoqué une conférence de presse pour discuter des dates et des détails de ce combat. Douglas s'en est souvenu.

Douglas était un athlète remarquable — il avait joué au basketball collégial — mais était considéré comme peu dédié à la boxe, malgré sa fiche de 29-4-1 à titre de professionnel. Il lui était arrivé d'afficher certaines qualités intéressantes mais en d'autres occasions, il avait montré un manque d'ardeur et de discipline.

Mais environ trois semaines avant le premier son de cloche du combat contre Tyson, la personne qui croyait le plus en lui, sa mère, Lula Pearl, est décédée.

Lorsque rappelé que personne ne lui accordait la moindre chance contre Tyson, Douglas a hésité avant de dire : «Oui, mais elle y croyait».

Tyson était l'espoir du monde de la boxe, et son fléau. Une sorte de batailleur de rue qui enjambait les câbles vêtu d'un short noir uni, de bottines noires et d'un chandail a moitié coupé. Son tempérament était changeant, au mieux. Il pouvait afficher de l'émotion lorsqu'il parlait de son regretté mentor et ami, Cus D'Amato, ou il pouvait être cru, brute et grossier. Dans l'arène, il était une force de la nature, fonçant toujours vers son rival, lançant des coups de poing sans jamais céder.

Il s'est présenté au combat fort d'une fiche de 37-0, dont 33 victoires avant la limite. Les preneurs aux livres de Las Vegas l'avaient établi favori à 42 contre 1 pour démolir Douglas. Ils n'étaient pas les seuls. Ed Schuyler, un journaliste de l'Associated Press, spécialisé en boxe, s'est fait intercepter aux douanes alors qu'il se dirigeait au Japon. L'un des agents lui a demandé combien de temps il travaillerait au Japon.

«Environ 90 secondes», a rétorqué Schuyler.

Juste avant le début du combat, un spectateur a crié à Douglas de gagner pour sa mère.

Douglas, qui était accompagné de J.D. McCauley, son entraîneur et oncle, et son gérant John Johnson, a amorcé le duel de façon inspirée. Il a bien paru lors des premiers rounds, gardant éloigné Tyson, plus petit de taille, à l'aide de son jab de la gauche.

Vers la fin du huitième round, Douglas est allé au tapis.

«C'est comme si j'admirais mon travail. Je l'observais, je prenais mon temps et regardais tout ce qui se passait, en portant plus d'attention à ses réactions à mes coups plutôt que de continuer de me battre, s'est rappelé Douglas. Il a fini par m'atteindre avec un bon coup. Lorsque je me suis relevé, je savais que je devais me concentrer, avec attention, sur ce que je faisais.»

King et Tyson ont plus tard prétendu que Douglas ne s'est pas relevé avant le compte obligatoire de dix, alors que le round prenait fin. Mais selon le décompte de l'arbitre, il était debout et en contrôle de ses facultés au compte de huit.

«Je savais exactement où j'étais, affirme Douglas. J'aurais pu me relever au compte de six, mais il me restait une couple de secondes et j'ai pris mon temps.»

Après que les deux pugilistes eurent réintégré leur coin respectif, Douglas a dominé le neuvième assaut. Et au dixième, il a secoué la planète.

«Je l'ai achevé avec une combinaison de coups, s'est rappelé Douglas. Je l'ai atteint avec quatre coups remarquables. Il n'a pas été capable de se relever.»

Conscient qu'il venait de perdre la chance d'organiser un événement aux imposantes retombées financières, King a contesté le résultat mais quelques jours plus tard, toutes les organisations majeures ont reconnu Douglas comme le nouveau champion du monde.

Par l'entremise d'un porte-parole, Tyson a refusé les demandes d'entrevues de l'Associated Press au sujet du combat.

Les deux boxeurs ne se sont revus qu'en une seule occasion depuis.

«Nos routes se sont croisées une seule fois, et ça remonte à quelques années, à Cincinnati, a confié Douglas. La conversation a été brève. Ce n'est pas comme si nous nous étions assis ensemble et que nous étions devenus des amis. Ce n'est rien de la sorte. Il était plutôt brusque avec moi. Je n'ai pas insisté.»

La vie de Tyson, dans l'arène et à l'extérieur, a fait les manchettes pendant des années, Pendant ce temps, Douglas, aujourd'hui âgé de 54 ans, se satisfait de sa vie tranquille à 40 km de sa ville de natale de Columbus.

Il a rapidement perdu sa ceinture aux mains de Holyfield en octobre 1990 à Las Vegas. Sa seule défense, qui lui a rapporté environ 7 millions $ après impôts, lui a permis de se bâtir une vie confortable. Il se concentre à élever ses quatre fils avec son épouse, Bertha. Aussi, il passe cinq jours par semaine à enseigner à de jeunes boxeurs et il est fier de voir qu'ils vont bien.