NOUVELLES
11/02/2015 02:06 EST | Actualisé 13/04/2015 05:12 EDT

Élections de 2018: PKP veut un mandat pour réaliser l'indépendance

QUÉBEC - S'il est choisi chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau travaillera pour obtenir aux prochaines élections le mandat de réaliser concrètement l'indépendance du Québec, indique sa plate-forme sur la souveraineté.

La publication de ce document, mercredi, a coïncidé avec un discours de M. Péladeau à l'Université Laval, où il a exposé ses idées, dont son projet de créer un institut de recherches «scientifique et appliquée» sur l'indépendance du Québec.

Le candidat affirme que l'indépendance est plus nécessaire que jamais pour la société québécoise, qui pourra ainsi faire ses propres choix et faire entendre sa voix sur la scène internationale.

«C'est pourquoi, lors des prochaines élections, je souhaite obtenir le mandat de réaliser concrètement l'indépendance du Québec», écrit-il dans le document.

Dans sa plate-forme, M. Péladeau s'engage aussi à élaborer une stratégie commune avec «l'ensemble des partis et mouvements politiques» pour la mise en oeuvre d'une campagne «immédiate et permanente du PQ et de l'opposition officielle».

En fin de semaine, lors d'un conseil national, M. Péladeau n'a pas exclu l'éventualité d'un référendum dans un premier mandat mais, si les militants le choisissent comme chef, il attendra avant la prochaine élection générale, en 2018, pour prendre une décision définitive.

Dans un point de presse qui a suivi son discours à l'Université Laval, M. Péladeau a répété que son premier objectif demeurerait d'abord la promotion de la souveraineté, grâce aux recherches de l'institut.

«Nous allons faire des analyses très détaillées, très approfondies, sur les bienfaits et les bénéfices de l'indépendance du Québec, j'ai eu l'occasion de vous le dire à plusieurs reprises, a-t-il dit aux journalistes. Ça va être le véhicule qui va permettre d'alimenter cette réflexion-là et de produire des études pour faire en sorte que justement nous puissions aller à la population avec un argumentaire qui va être détaillé et puissant.»

M. Péladeau a assuré qu'avant le scrutin de 2018, il aura pris la décision de tenir ou non un référendum dans le premier mandat d'un gouvernement péquiste.

«En 2018, ne vous en faites pas, il y aura eu une démarche qui ne sera pas ambiguë du tout, a-t-il dit. Et vous connaissez le sens de mon engagement en politique, j'ai été clair, net et précis au moment de l'annonce de ma candidature, je veux faire du Québec un pays alors il n'y a pas d'ambiguïté.»

Alors qu'en fin de semaine dernière le député péquiste Bernard Drainville, lui aussi dans la course à la direction, avait insisté sur l'importance d'avoir un plan clair afin d'éviter les tergiversations sur le référendum qui ont mené à la dernière défaite péquiste, M. Péladeau a fait allusion à lui, mercredi dans son discours.

«Je comprends que certaines personnes souhaiteraient que je déballe tout le plan en 15 minutes, a-t-il dit. Vous comprendrez, j'ose espérer, que c'est absolument impossible et ce n'est certainement pas mon souhait non plus. Je suis tout à fait d'accord avec Bernard Drainville, il l'a répété et j'endosse son point de vue, effectivement ça prend un plan.»

M. Péladeau a déridé son auditoire en rappelant l'image choc de son poing levé, lorsqu'il a exprimé son intention de «faire du Québec un pays», durant la conférence de presse où sa candidature au poste de député a été annoncée, en mars dernier, dans la circonscription de Saint-Jérôme où il a ensuite été élu.

«Il y a eu le fameux poing levé, a-t-il dit. Il y en a plusieurs qui l'ont levé. Il y a déjà eu Nelson Mandela, il y a eu M. Lévesque et tant d'autres personnes qui ont des convictions profondes.»

Les suites de cet événement, utilisé par les adversaires des péquistes pour brandir la menace d'un référendum, ont révélé à M. Péladeau le manque d'organisation du PQ sur cette question. Selon lui, le PQ subi une opération de «court-circuitage» de ses adversaires, qui ont réduit la souveraineté au référendum.

«Je me suis rendu compte qu'on n'était pas nécessairement bien organisés, a-t-il dit. Je me suis rendu compte que nous n'étions peut-être pas prêts.»

Faisant référence au passage du programme péquiste qui prévoit l'organisation d'un référendum sur la souveraineté du Québec au moment opportun, M. Péladeau a expliqué que «c'est comme si on avait occulté, diminué l'importance de l'article 1 du Parti québécois».

L'institut de recherches scientifique et appliquée, qui sera financé par des dons, s'intéressera à la souveraineté alimentaire, culturelle, fiscale, internationale et territoriale ainsi qu'aux questions de communication et d'organisation.

L'organisme se penchera notamment sur les revenus qu'un Québec indépendant pourrait tirer de la gestion de la Voie maritime du Saint-Laurent et de la maîtrise du secteur des télécommunications et du sans-fil, qui relèvent du gouvernement fédéral.

Dans son discours, M. Péladeau a donné l'exemple du canal de Panama et du canal de Suez pour expliquer que ces infrastructures génèrent des revenus qui pourraient, au lieu d'aller à Ottawa, servir à un Québec indépendant.

«Il y a une chose qui est certaine, c'est que ce n'est pas gratis, le canal de Panama», a-t-il dit.

M. Péladeau a également mentionné le transport ferroviaire qui, au Québec, permet à l'industrie pétrolière de l'ouest de faire transiter ses marchandises sans pour autant verser d'argent au gouvernement québécois.