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11/02/2015 04:53 EST | Actualisé 12/04/2015 05:12 EDT

Instabilité socio-politique au Yémen: trois pays ferment leur ambassade à Sanaa

SANAA, Yemen - Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont annoncé mercredi la fermeture de leurs ambassades au Yémen, dans la foulée de la crise qui secoue le pays depuis que des rebelles chiites en ont pris le contrôle.

Ces fermetures surviennent près de quatre ans après le début du printemps arabe, qui a mené à la chute de l'homme qui dirigeait le pays depuis plusieurs années.

Elles semblent aussi témoigner de l'inefficacité des négociations entamées par l'ONU entre les rebelles houthis et leurs rivaux politiques, et pourraient démontrer que la communauté internationale ne s'attend pas à ce que le gains des rebelles soient renversés de sitôt.

Au cours des dernières semaines, les houthis — qui sont appuyés par l'Iran — ont pris le contrôle de la capitale, confiné à domicile le président et d'autres membres du gouvernement et dissous le Parlement.

Le département d'État des États-Unis a annoncé mardi qu'il suspendait les activités de l'ambassade américaine à Sanaa, en raison de l'instabilité politique et d'une situation de sécurité incertaine. L'ambassade ne fonctionnait plus qu'avec une poignée d'employés depuis plusieurs semaines.

Des rebelles se sont emparés des véhicules diplomatiques américains abandonnés à l'aéroport et des armes qui se trouvaient à l'intérieur.

Le ministre britannique Tobias Ellwood a demandé mercredi aux ressortissants de son pays de quitter le Yémen immédiatement, au moment où Londres entamait l'évacuation de son ambassade. L'Allemagne a lancé un appel identique à ses citoyens, sans pour autant annoncer la fermeture de son ambassade.

L'ambassade française fermera ses portes vendredi.

À Sanaa, des houthis armés de fusils d'assaut Kalashnikov et de canons antiaériens patrouillaient les rues. La plupart des commerces étaient fermés et les gens restaient chez eux.

Des manifestants antihouthis qui ont voulu se rendre aux bureaux des Nations unies ont été violemment dispersés mercredi et plusieurs personnes ont été arrêtées. Quelques heures plus tard, des milliers de personnes ont défilé dans les rues en appui aux rebelles, en scandant des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël.

Les houthis contrôlent maintenant 10 des 22 provinces du Yémen. Ils ne contrôlent toutefois pas la riche province pétrolifère de Maarib, dans l'est du pays, où se trouvent certaines tribus qui leur sont farouchement opposées.

Le Yémen abrite l'une des branches les plus actives du réseau terroriste Al-Qaïda.