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11/02/2015 07:35 EST | Actualisé 13/04/2015 05:12 EDT

Des pourparlers se tiennent à Minsk, alors que les combats font rage en Ukraine

MINSK, Bélarus - Les dirigeants de la France, de l'Allemagne, de la Russie et de l'Ukraine étaient réunis mercredi à Minsk, au Bélarus, pour des pourparlers de paix, alors que les combats faisaient encore rage dans l'est de l'Ukraine.

Les discussions, orchestrées par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande, visent à négocier une entente pour mettre fin aux hostilités entre les forces ukrainiennes et les séparatistes prorusses qui ont fait plus de 5300 morts depuis avril.

Mme Merkel et M. Hollande ont visité Kiev et Moscou la semaine dernière pour s'entretenir avec le président ukrainien Petro Porochenko et le président russe Vladimir Poutine à propos des nouveaux efforts de paix.

Les combats se sont poursuivis mercredi dans l'est de l'Ukraine et au moins cinq personnes ont été tuées dans une gare d'autocars du bastion rebelle de Donetsk.

Les leaders européens ont plusieurs fois répété au cours des derniers jours que rien ne garantit qu'un accord interviendra avec Moscou, que l'Occident accuse de fournir des hommes et des armes aux séparatistes.

Dans des commentaires relayés par l'agence de nouvelles Interfax, le président ukrainien a dit être prêt à «imposer la loi martiale à travers le pays en l'absence d'un accord aujourd'hui (mercredi) à Minsk».

Plus tôt, M. Porochenko a publié une déclaration disant avoir fait une visite impromptue tôt mercredi à Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, où Kiev affirme que 16 personnes ont été tuées et 48 blessées dans des tirs de roquettes, mardi. La ville est située à 50 kilomètres de la plus proche ligne de combat.

«Nous demandons une paix inconditionnelle, a alors dit M. Porochenko. Nous demandons un cessez-le-feu, un retrait de toutes les forces étrangères et la fermeture de la frontière. Nous allons trouver un compromis (entre Ukrainiens).»

À Donetsk, des dirigeants affirment que cinq personnes ont été tuées et neuf autres blessées quand des obus sont tombés sur une gare d'autocars, où un journaliste de l'Associated Press n'a vu qu'un seul corps. Les responsables de la ville ajoutent que trois personnes ont aussi perdu la vie pendant la nuit.

Des dirigeants de Kiev indiquent de leur côté que 19 soldats ont été tués et 78 autres blessés au cours de la dernière journée de combats pour le contrôle de Debaltseve, un noeud ferroviaire stratégique de la région.

Lors d'une conférence de presse à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a fait état de «progrès importants» dans le processus de paix, sans toutefois fournir plus de détails.

Son homologue français, Laurent Fabius, avait déclaré un peu plus tôt dans la journée que «plusieurs problèmes persistaient» dans les pourparlers devant mettre fin aux violences. M. Fabius a dit que les négociations visent à obtenir un accord, mais «pas seulement sur papier».

«Le monde entier attend de voir si la situation prend la voie d'une désescalade, d'un retrait des armes, d'un cessez-le-feu ou... si elle devient hors de contrôle», a indiqué M. Porochenko à son arrivée à Minsk.

Les détails d'une possible entente de paix n'ont pas été dévoilés, mais les principaux points d'achoppement dans les discussions incluent:

— Tracer une nouvelle ligne de partage: l'Ukraine veut maintenir celle qui avait été convenue en septembre, tandis que la Russie réclame une nouvelle délimitation qui reflète les gains significatifs obtenus par les rebelles depuis ce temps;

— Retirer les soldats russes et l'équipement de l'est de l'Ukraine: la Russie dit ne compter aucun soldat ni équipement militaire dans l'est, un point de vue raillé par l'Ukraine et l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN);

— Sécuriser la frontière entre l'Ukraine et la Russie: l'Ukraine veut reprendre le contrôle du côté de sa frontière avec la Russie pour contrer l'afflux de combattants et d'armes russes, tandis que la Russie affirme que cela incombe aux rebelles qui ont investi certains postes frontaliers clés;

— Accorder aux séparatistes plus d'autonomie: l'Ukraine affirme qu'elle pourrait offrir aux rebelles des droits élargis sous les lois ukrainiennes, mais la Russie veut des garanties. La Russie demande aussi que l'Ukraine mette fin à son blocus économique de l'est du pays.