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11/02/2015 08:01 EST | Actualisé 13/04/2015 05:12 EDT

Belgique: un groupe islamique est déclaré organisation terroriste par la justice

ANVERS, Belgique - Un groupe islamique radical qui envoyait des jeunes combattre en Syrie est une organisation terroriste violente qui cherchait à remplacer la démocratie par la loi islamique, la shari'a, a statué mercredi un tribunal belge.

Un tribunal de la ville d'Anvers a condamné le «leader charismatique» du groupe Sharia4Belgium, Fouad Belkacem, à 12 ans de prison, pendant que des dizaines d'autres membres recevaient des peines moins sévères.

Belkacem — qui avait été escorté jusqu'au tribunal, menottes aux poings, par des policiers vêtus de gilets pare-balles — a accueilli le verdict avec un sourire.

D'autres leaders du groupe ont été envoyés derrière les barreaux pour 15 ans parce que, contrairement à Belkacem, ils participaient activement au terrorisme en Syrie, ont expliqué les juges,

Quarante-six musulmans avaient tout d'abord fait l'objet d'accusations, ce qui en faisait un des procès pour terrorisme les plus importants de l'histoire de la Belgique, mais seulement une poignée d'entre eux se sont retrouvés devant la justice. D'autres combattraient actuellement avec des groupes armés sunnites en Syrie ou auraient été tués.

Le jugement écrit explique que dans l'état islamique «totalitaire» souhaité par Sharia4Belgium, «il n'y a pas de liberté, pas de droits de la personne, pas de place à l'épanouissement personnel, à la science ou la culture. Leur État est basé sur la violence et la peur».

Le réseau Sharia4Belgium avait été démantelé il y a deux ans, mais cela n'a pas semblé ralentir les activités des islamistes au pays.

La police belge a multiplié les arrestations dans la foulée d'une perquisition qui a fait deux morts en janvier, peu de temps après les attentats terroristes de Paris.

Par ailleurs, les députés du Parlement européen ont demandé mercredi l'adoption de nouvelles mesures pour protéger les citoyens du continent contre des attaques terroristes. Ils ont notamment réclamé une meilleure vérification des antécédents des immigrants, ainsi que des programmes éducatifs et sociaux pour s'attaquer aux causes de la radicalisation.

Ils se sont aussi dits prêts à appuyer un programme européen de partage des données concernant les voyageurs aériens.

Les leaders européens doivent se rencontrer à Bruxelles à compter de jeudi, entre autres pour discuter de terrorisme.