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10/02/2015 02:15 EST | Actualisé 10/02/2015 02:15 EST

Eldorado Gold: le gouvernement grec veut batailler contre le projet d'exploitation de mine d'or

ASSOCIATED PRESS
Demonstrators shout slogans during a protest in Thessaloniki on Saturday March 9, 2013. More than 10,000 people took to the streets to protest against a planned gold mine operation by Canadian company Eldorado Gold Corp. in the peninsula of Chalkidiki that they claim will do irreparable damage to the environment. The teashitr reads

Le gouvernement grec est opposé au projet d'exploitation de mine d'or mené dans le nord du pays par une société canadienne et tentera de faire valoir son point de vue, a déclaré mardi le ministre grec de l'Environnement et de l'Energie Panagiotis Lafazanis.

M. Lafazanis, qui intervenait devant le parlement, a également confirmé sa volonté "d'annuler la cession scandaleuse" du terrain de l'ancien aéroport d'Athènes, l'une des plus grosses privatisations des dernières années, et l'arrêt des privatisations des entreprises publiques du secteur de l'énergie.

"Nous sommes contre l'investissement dans l'exploitation des mines d'or de Skouries et nous initierons toutes les démarches nécessaires pour imposer nos vues", a déclaré le ministre.

La décision des précédents gouvernements de concéder à la société Eldorado Gold l'exploitation des mines de Skouries, à une centaine de kilomètres de Salonique (nord), alimente depuis des mois la résistance, régulièrement assortie d'affrontements avec les forces de l'ordre, d'une partie des habitants qui critiquent l'impact écologique et les conditions financières de la cession.

A propos de l'ancien aéroport d'Athènes à Hellinikon, banlieue balnéaire d'Athènes, cédé fin 2014 à un consortium arabo-greco-chinois en vue de devenir un vaste complexe touristique et de loisirs, M. Lafazanis a jugé cette vente "scandaleuse" et dangereuse pour l'environnement.

"Nous allons examiner cette acquisition pour l'annuler", a-t-il assuré. La vente a été conclu pour 99 ans et 915 millions d'euros.

Les privatisations des entreprise publiques de gaz DEPA, d'électricité DEI, ainsi que la scission de la DEI en deux entités distinctes seront stoppées, a confirmé le ministre.

Fin 2013, la Grèce avait signé avec la compagnie pétrolière azerbaïdjanaise publique Socar un projet d'acquisition du système de transport de gaz grec DESFA, autre privatisation clef de la longue liste établie par les créanciers du pays. Craignant que l'opération ne restreigne la concurrence sur le marché en amont de la fourniture de gaz naturel en Grèce, la Commission européenne a ouvert une enquête.

"Nous déciderons du sort de DESFA après la décision de la Commission de la concurrence", a précisé M. Lafazanis qui se rend en Azerbaïdjan mercredi.

Les deux pays sont également liés par le projet de gazoduc TAP qui acheminera le gaz d'Azerbaïdjan vers l'Europe en passant par la Grèce et l'Albanie.

L'arrêt des privatisations décidé par le nouveau gouvernement participera à la "restructuration de l'appareil productif" de la Grèce qui constitue une "priorité" du nouveau gouvernement, a conclu M. Lafazanis.

Son entourage interrogé par l'AFP n'a pas exclu un prochain déplacement du ministre en Chine alors que l'arrêt de la privatisation de la société du port du Pirée a causé l'inquiétude à Pékin en raison de l'intérêt manifesté par le conglomérat Cosco pour cette acquisition.