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11/01/2015 10:45 EST | Actualisé 13/03/2015 05:12 EDT

Réforme en santé: le controversé projet de loi 20 n'a pas que des détracteurs

MONTRÉAL - Le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU) salue les efforts déployés par le gouvernement provincial pour «améliorer la coordination» au sein du système de santé.

En entrevue avec La Presse Canadienne, dimanche soir, le directeur général du RPCU, Pierre Blain, a déclaré d'entrée de jeu que «ce dont les Québécois ont besoin, ce sont des services».

En ce sens, «il faut trouver un moyen de s'assurer que toute la populationpuisse avoir accès à un omnipraticien», estime-t-il.

M. Blain est persuadé que ce scénario tarde à se concrétiser non pas parce que les médecins sont «des paresseux», mais bien parce qu'ils se comportent comme de «petits entrepreneurs» et qu'ils «agissent séparément».

Selon lui, il importe de les inciterà apprendre «à travailler ensemble plutôt qu'en silo» et de les pousser à réaliser davantage d'«interventions».

Aux yeux de M. Blain, pour provoquer ces changements, «une réorganisation des services» s'impose.

Il précise qu'il n'a «aucun problème» à ce que cette grande opération soit orchestrée à partir du ministère de la Santé et des Services sociaux, et il ne craint pas une centralisation excessive des pouvoirs à Québec.

«Il est tout à fait normal que [l'organisation] qui paie puisse contrôler le travail qui se fait», a-t-il martelé.

Dans un communiqué qui doit être diffusé lundi, Pierre Blain écrit qu'«il fait partie du rôle du gouvernement [...] de déterminer les paramètres des services qu'il souhaite obtenir avec l'argent des contribuables».

M. Blain est d'avis que l'entrée en vigueur du controversé projet de loi 20 pourrait permettre d'atteindre ces objectifs.

«Je ne vois pas ce qui est excessif là-dedans. Je constate que c'est un projet de loi qui comporte des solutions et maintenant, c'est au ministre [de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette], à son ministère et aux médecins de s'entendre sur son application», a-t-il dit sans ambages.

Il a noté que les enjeux du nombre exact de patients devant être traités par chaque médecin et de leurs heures de travail, tout comme la question des sanctions possibles pouvant leur être imposées, «doivent être compris comme une suite de la négociation serrée» entre Québec et les représentants de ces professionnels.

Le directeur général du RPCU estime que «le ministre Barrette a le devoir de maintenir le dialogue avec les médecins et de rassurer la population».

S'il y arrive, il en tirera un bénéfice non négligeable, d'après Pierre Blain.

«Dans ces conditions, les usagers [...] l'appuieront sur le grand principe du projet de loi, qui est que la population du Québec doit en avoir pour son argent dans l'accès aux soins et aux services», a-t-il estimé.