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11/01/2015 07:57 EST | Actualisé 13/03/2015 05:12 EDT

L'homme qui a filmé la mort d'Ahmed Merabet regrette d'avoir partagé la vidéo

PARIS - L'homme qui a filmé le meurtre d'un policier par les attaquants du «Charlie Hebdo», et dont les images ont rapidement fait le tour du monde, regrette d'avoir partagé la vidéo en ligne et ne s'attendait pas à un tel impact.

C'est la panique et «un réflexe stupide» acquis après des années sur les médias sociaux qui ont poussé Jordi Mir à mettre sa vidéo amateur en ligne.

Le court film a immédiatement été repris par les médias, représentant les images les plus prenantes de la tragédie qui a fait 12 morts dans les bureaux du journal «Charlie Hebdo», mercredi.

En entrevue avec l'Associated Press, M. Mir a expliqué qu'il était seul chez lui et qu'il ressentait le besoin de parler à quelqu'un. Il a mis la vidéo sur Facebook, un geste qu'il qualifie d'«erreur».

Il ne l'a laissée sur son compte que 15 minutes avant de la retirer. Mais c'était déjà trop tard. Elle avait déjà été partagée et même téléversée sur YouTube. Moins d'une heure après, il l'a vue à la télévision.

Dans cette vidéo de 42 secondes, on voit deux hommes cagoulés et armés — qui allaient être identifiés par la suite comme étant les frères Chérif et Saïd Kouachi — tirer une balle dans la tête d'un policier, Ahmed Merabet.

Une capture d'écran d'une image de la vidéo a été publiée en page couverture du «Figaro». Des tabloïds britanniques ont qualifié les images de «choquantes» et «répugnantes» («shocking» et «sickening»). Selon le journaliste de CNN Randi Kaye, il s'agissait d'une «image inoubliable associée pour toujours à cette horrible attaque».

La diffusion en boucle de ces images et leur reprise par tous les journaux et réseaux ont fait réagir la famille du policier.

«Comment avez-vous osé prendre cette vidéo et la diffuser?», a demandé son frère, Malek Merabet, aux médias. «J'ai entendu sa voix, je l'ai reconnu, je l'ai vu se faire abattre et je continue à l'entendre tous les jours.»

Certains affirment que la vidéo a joué un rôle positif en montrant la brutalité du terrorisme et qu'elle a soulevé une vague de soutien envers la famille Merabet. Le mot-clic #JeSuisAhmed est aussi apparu, peu après le désormais célèbre #JeSuisCharlie.

Jordi Mir a d'abord transmis la vidéo aux autorités avant de la mettre sur Facebook. Il cherche encore à expliquer ce qui l'a poussé à le faire.

«Je prends une photo, un chat, et je la mets sur Facebook. C'était le même réflexe stupide», a-t-il confessé.

M. Mir veut que la famille Merabet sache qu'il est «très désolé». Il affirme avoir refusé des offres d'achat des images et souhaite que les médias brouillent les images de M. Merabet avant de la diffuser. Mais beaucoup ont simplement diffusé les images telles quelles, sans permission.