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11/01/2015 03:14 EST | Actualisé 13/03/2015 05:12 EDT

La plainte des professeurs de l'Université Dalhousie est rejetée

HALIFAX - Quatre professeurs de l'Université Dalhousie ont déclaré avoir eu une «réaction mitigée» après le rejet par l'institution de leur plainte contre un groupe de 13 étudiants masculins en dentisterie soupçonnés d'avoir fait partie d'un groupe sur le réseau social Facebook où du contenu sexuellement violent a été publié.

Dans une lettre envoyée aux professeurs samedi, la vice-rectrice des affaires étudiantes de l'université située à Halifax indique que la plainte déposée sous le code de conduite des étudiants avait été rejetée puisque la direction s'occupait déjà de l'affaire avec un comité des normes académiques au sein de la faculté de dentisterie.

Anne Forrestall soutient que puisqu'une enquête est déjà en cours au sein de ce comité, il est impossible de réviser l'affaire sous le code de conduite des étudiants. Elle a ajouté que le comité allait évaluer les étudiants selon leur professionnalisme et allait faire les recommandations nécessaires selon leur évaluation.

Les professeurs ont affirmé qu'ils avaient déposé la plainte le mois dernier au nom d'autres étudiants, qui croyaient qu'il était nécessaire d'en faire plus. Dans la plainte, les professeurs demandent la suspension des étudiants sur une base intérimaire.

Dans une réponse au rejet, les professeurs indiquent qu'ils sont déçus que la plainte n'ait pas mené à la mise en place d'un processus formel de discipline.

Les professeurs ont présenté leurs inquiétudes entourant le fait que le comité des normes académiques faisait partie de la faculté de dentisterie, qui est aussi sous enquête par Constance Backhouse, une professeure de l'Université d'Ottawa.

«Nous mettons fin à notre engagement entourant la plainte avec des sentiments mitigés», peut-on lire dans la lettre signée par les professeurs Françoise Baylis, Jocelyn Downie, Brian Noble et Jacqueline Warwick.

«Nous sommes inquiets et perplexes du fait qu'un comité au sein (de la faculté de dentisterie) ait la tâche de réviser la conduite apparemment misogyne, sexiste et homophobe des étudiants au sein du groupe Facebook.»

Cependant, ils admettent que l'université a fait un pas dans la bonne direction en lançant une enquête indépendante, qui étudiera l'environnement, les pratiques et les politiques de la faculté de dentisterie afin de savoir si elle a contribué à une tolérance de comportements misogynes ou sexistes.

«Nous espérons que ces démarches permettront d'éviter que ce genre d'incident survienne à nouveau», ont-ils indiqué.

Dans un communiqué publié dimanche, le président de l'université, Richard Florizone, déclare qu'il respecte le courage des professeurs pour s'être affichés publiquement dans ce dossier. «Cette plainte a mis en valeur le besoin de réviser attentivement nos politiques afin de s'assurer que notre communauté soit respectueuse et accueillante», a dit M. Florizone.

Les 13 étudiants de quatrième année ont déjà été exclus de leurs stages cliniques et ont été séparés de leurs cours réguliers avec les collègues, alors que les cours devaient débuter lundi. M. Florizone a expliqué que les 13 étudiants allaient assister à leurs cours dans des locaux différents de ceux de leurs collègues.

D'après des informations divulguées par le réseau anglais de Radio-Canada, la page Facebook s'adressant aux étudiants de sexe masculin en médecine dentaire leur demandait de voter pour l'étudiante avec qui ils aimeraient avoir un rapport sexuel violent («hate sex»), et faisait des blagues sur l'utilisation de chloroforme sur des femmes. Sur une autre page, on voyait une femme en bikini au-dessus de la légende: «Tirez votre coup jusqu'à ce que le stress soit évacué, ou que la femme ait perdu conscience». La page Facebook a été fermée.