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11/01/2015 12:29 EST | Actualisé 13/03/2015 05:12 EDT

Cinquième anniversaire du séisme en Haïti : encore beaucoup de travail à faire

MONTRÉAL - Cinq ans après le terrible tremblement de terre qui a secoué Haïti, de nombreux Haïtiens demandent la fin de «l'assistanat» et plaident pour le développement économique du pays grâce à l'aide d'investisseurs étrangers, souligne le Centre d'études et de coopération internationale (CECI), établi à Montréal.

Le CECI a contribué à reconstruire certains quartiers de la capitale, Port-au-Prince, après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.

Même si l'organisme estime que le pourcentage de déplacés qui ont été relocalisés va de 80 à 90 pour cent, la reconstruction demeure lente. L'aide internationale a permis d'accélérer la construction de l'urgence de l'hôpital de Port-au-Prince, mais pour ce qui est de la construction de maisons convenables, il y a encore du travail à faire.

«Est-ce qu'il y a lieu de dire que ces gens sont nécessairement bien logés? Non, je ne peux pas dire ça. Est-ce que ce sont des logements qui ont été construits sur une base parasismique ou antisismique? Je ne peux pas dire ça. Mais si vous arrivez aujourd'hui à Port-au Prince, comparé à ce qu'était la situation en 2010, en 2011, vous allez constater qu'il y a eu une nette amélioration à ce chapitre», explique le chargé de projet du CECI à Port-au-Prince, Jacquelin Eugène.

«Les gens n'ont peut-être pas assez de moyens pour mettre en place tout ce qu'il faut pour avoir des maisons décentes, des maisons qui résisteraient à de nouvelles catastrophes, mais au niveau du suivi et de l'application des mesures qui ont été préconisées par les autorités, je pense qu'il y a une faiblesse à ce chapitre», souligne M. Eugène.

Le CECI se pose beaucoup de questions sur l'avenir du pays. Une conférence organisée le 23 janvier au Centre Mont-Royal abordera la thématique suivante: «Cinq ans plus tard, quel modèle de développement pour Haïti doit être poursuivi?». Le CECI se questionne également sur la présence des organisations non gouvernementales (ONG) sur place.

S'il reste du travail à faire en matière de reconstruction, il en reste également en ce qui concerne l'éducation de la population.

«Il faut continuer de sensibiliser les citoyens sur ce qu'il faut faire en cas de catastrophe. Nous doutons qu'en 2015, les gens savent quel comportement avoir dans de tel cas. Dans un pays où les ressources sont rares, il faudrait sensibiliser les citoyens aux pratiques de construction sécuritaire à bas prix», explique M. Eugène.

Au moins 200 000 personnes sont mortes lors du séisme; 300 000 autres ont été blessées. Un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants ont été déplacés dans des camps à l'intérieur du pays.

Le séisme de magnitude 7 a été suivi de plusieurs secousses variant entre 5,0 et 5,9. L'épicentre du tremblement de terre se situait à 25 kilomètres à l'ouest de la capitale Port-au-Prince.

L'état d'urgence était déclaré trois jours plus tard pour une durée totale d'un mois.