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11/01/2015 01:21 EST | Actualisé 13/03/2015 05:12 EDT

Attentats en France: des actes de bravoure ont sauvé des vies

PARIS - Lors de la prise d'otages dans une épicerie cachère à Paris, un employé musulman ayant réagi rapidement a caché plusieurs clients juifs dans le sous-sol avant de se faufiler à l'extérieur pour mettre au jour la police sur le drame se jouant à l'étage supérieur. Dans la ville de Dammartin-en-Goële, un homme d'affaires imperturbable a trompé les deux hommes armés en leur faisant croire qu'ils étaient seuls dans l'édifice avant d'être en mesure de quitter les lieux.

Dans ces jours suivant la fin sanglante des prises d'otages de vendredi, les récits de bravoure se précisent. L'un des plus frappants est celui de Lassana Bathily, un jeune immigrant du Mali ayant fourni littéralement à la police la clé de la fin de la crise dans ce supermarché.

M. Bathily se trouvait dans le lieu d'entreposage au sous-sol lorsque l'assaillant armé Amedy Coulibaly a débarqué à l'étage, selon des informations données aux médias français et à un ami du jeune immigrant ayant parlé à l'Associated Press. M. Bathily a débranché le congélateur de l'entrepôt et y a dissimulé un groupe de clients apeurés, avant de sortir discrètement par un escalier de secours pour parler à la police.

D'abord pris pour l'assaillant, le jeune homme a été plaqué au sol et menotté. Après que les policiers eurent réalisé leur erreur, M. Bathily a pu leur remettre la clé nécessaire pour ouvrir les portes métalliques et préparer leur intervention.

«Il a été si courageux», a exprimé Mohammed Amine, un ami âgé de 33 ans et ancien collègue de travail de M. Bathily lui ayant parlé à propos de la prise d'otages, samedi. Des témoins et les autorités ont corroboré le récit du jeune immigrant.

Un responsable de la police, parlant sous le couvert de l'anonymat car n'étant pas autorisé à discuter de cet aspect avec les médias, a expliqué que la clé remise par M. Bathily avait permis à la police de prendre d'assaut l'épicerie sans avoir à forcer leur entrée.

À environ 40 kilomètres au nord-est, l'homme d'affaires Michel Catalano attendait un fournisseur à son bureau de Dammartin-en-Goële lorsqu'il a vu les frères Chérif et Saïd Kouachi approcher avec des Kalashnikov. Alors que sa collègue de 26 ans, qu'il a simplement identifié sous le nom de Lilian, est allée se cacher, M. Catalano a attiré l'attention des assaillants. Il leur a offert du café et — après un bref échange de coups de feu avec les autorités à l'extérieur —, a posé un bandage sur le cou d'un des deux frères.

«Je suis resté une heure avec eux, a dit M. Catalano à l'Associated Press. Je n'ai jamais eu peur, car j'avais une seule idée en tête: 'Ils ne doivent pas se rendre au bout du couloir pour voir Lilian, c'est tout'. C'est ce qui m'a permis de garder mon calme.»

La police a communiqué avec Lilian à l'intérieur par messages textes. Éventuellement, M. Catalano a été relâché, et les deux frères ont été abattus par les agents.