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09/01/2015 08:53 EST | Actualisé 11/03/2015 05:12 EDT

Décembre: le taux de chômage était inchangé au Canada à 6,6 pour cent

Shutterstock / ndoeljindoel

OTTAWA - Le marché canadien de l'emploi a terminé 2014 sur une perte nette de 4300 emplois pour le mois de décembre, un léger recul par rapport au mois précédent qui laisse néanmoins le taux de chômage inchangé à 6,6 pour cent, a indiqué vendredi Statistique Canada.

La plus récente enquête de l'agence gouvernementale démontre que le Canada a vu l'embauche de 185 700 nouveaux travailleurs en 2014, dont la plus grande partie dans la deuxième moitié de l'année. Le taux de chômage national a reculé au cours de cette période, lui qui avait commencé l'année à 7,2 pour cent.

«Je crois que nous pouvons dire que ça a été une assez bonne année pour l'emploi — rien d'explosif, mais ça a été une année décente», a estimé Jimmy Jean, économiste principal chez Desjardins Marché des capitaux.

«Nous continuons à nous attendre à ce que l'économie canadienne profite de l'accélération aux États-Unis (...) alors nous devrions continuer d'observer un rythme très décent pour la création d'emplois dans l'ensemble.»

Pour le mois de décembre, quelque 53 500 emplois à temps plein ont été créés, un chiffre qui a cependant été plus que contrebalancé par la disparition de 57 700 emplois à temps partiel, selon le rapport de Statistique Canada.

Le faible recul de l'emploi en décembre était le deuxième en autant de mois — l'économie canadienne avait délaissé 10 700 emplois nets en novembre. Mais ces pertes faisaient suite à deux mois consécutifs de solides gains, soit 74 100 nouveaux emplois en septembre et 43 100 autres en octobre.

Le taux de chômage de décembre s'est avéré conforme aux attentes des économistes, qui misaient sur un gain net de 15 000 emplois en décembre, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

Les experts étaient à la recherche d'indices pouvant démontrer que la vigueur économique canadienne migre du secteur de l'énergie vers celui de la fabrication, une conséquence attendue du recul du dollar canadien et du plongeon du cours du pétrole brut ces derniers mois.

M. Jean s'est dit étonné de constater que le secteur des ressources naturelles avait gagné 10 200 emplois au pays le mois dernier, tandis que celui de la fabrication en a perdu 18 300.

«Nous nous attendions en quelque sorte au contraire, avec le recul de la devise», a-t-il noté.

«Je crois que cela est très révélateur des défis qui attendent toujours le secteur (manufacturier). Même si la devise est plus faible, il faudra du temps avant que les entreprises ne commencent vraiment à investir.»

Les services d'hébergement et de restauration ont connu les plus nombreuses pertes en décembre, soit 32 800 emplois. Mais sur l'ensemble de 2014, cette catégorie a accueilli 38 300 nouveaux travailleurs.

Le taux de chômage chez les jeunes a avancé de 0,3 point de pourcentage à 13,3 pour cent, mais 62 500 jeunes de plus détenaient un emploi qu'il y a un an, a précisé Statistique Canada.

L'économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, a indiqué vendredi qu'il s'attendait à ce que les manchettes sur la faiblesse du marché de l'emploi en décembre exercent une pression sur le dollar canadien, mais il a vu dans les détails du rapport certains éléments «assez réconfortants».

«Ce qui est important pour le Canada, c'est que qui l'attend compte tenu de la récente chute des prix de l'énergie, plutôt que le (portrait du quatrième trimestre)», a écrit M. Shenfeld dans une note à ses clients.

L'emploi est demeuré stable dans la plupart des provinces en décembre, a pour sa part noté Statistique Canada. Le taux de chômage de la Colombie-Britannique a reculé de 0,4 point à 5,4 pour cent, soit son plus faible taux depuis 2008, mais cette baisse était attribuable au fait qu'un moins grand nombre de personnes étaient à la recherche d'un emploi.

Une situation semblable — mais au dénouement inverse — a été observée au Nouveau-Brunswick, où le nombre d'emploi a peu varié le mois dernier mais où le taux de chômage a augmenté de 0,6 point à 10,2 pour cent en raison d'une hausse du nombre de personnes à la recherche d'un emploi.

Au Québec, une perte nette de 6700 emplois a été observée. Quelque 16 900 emplois à temps plein ont été créé, mais ce gain a été contrebalancé par la disparition de 23 600 emplois à temps partiel. Le taux de chômage de la province a reculé de 0,1 point à 7,5 pour cent en raison d'une légère baisse du nombre de personnes à la recherche d'un emploi.

Statistique Canada publiera le 28 janvier son bilan du marché de l'emploi pour 2014.

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