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09/01/2015 04:03 EST | Actualisé 10/03/2015 05:12 EDT

Prises d'otages en France: les trois assaillants et quatre otages sont morts

PARIS - Les forces policières françaises ont mis fin, vendredi, à trois jours de terreur, en abattant les deux frères soupçonnés d'avoir perpétré l'attentat contre le journal «Charlie Hebdo» et un autre homme, vraisemblablement lié aux deux autres assaillants, qui avait pris d'assaut une épicerie casher à Paris.

Les deux présumés auteurs de l'attaque dans les locaux du journal satirique ont croulé sous les balles de la police, vendredi, quand ils sont sortis en tirant de l'imprimerie dans laquelle ils s'étaient barricadés avec un otage en banlieue de Paris.

Pendant ce temps, dans la capitale, l'homme qui avait pris plusieurs personnes en otages dans une épicerie casher a lui aussi été abattu. L'assaillant a tué quatre personnes, vraisemblablement lorsqu'il est entré dans l'établissement, selon le procureur de Paris. Quinze autres otages ont été libérés après l'intervention des forces de l'ordre.

L'homme menaçait d'exécuter ses otages si les policiers donnaient l'assaut contre l'imprimerie où s'étaient retranchés les frères Chérif et Saïd Kouachi.

La police a publié une photo du présumé preneur d'otages dans l'épicerie, Amedy Coulibaly, et de sa femme, Hayet Boumeddiene. Cette dernière serait armée et en fuite. Amedy Coulibaly serait par ailleurs responsable du meurtre d'une policière survenu jeudi à Montrouge, au sud de Paris.

Vendredi, avant le lever du soleil, le tireur s'était rué dans le magasin, en tirant des coups de feu.Il n'aurait fallu que quelques heures de plus pour que l'épicerie soit bondée de clients, qui sont généralement nombreux quelques heures avant le début du Sabbat.

«Vous savez qui je suis», aurait-il lancé aux personnes sur place.

Les autorités ont bouclé le quartier populaire du Marais, craignant qu'une cellule terroriste mène de nouvelles attaques. Le ministre de l'Intérieur a prévenu que le pays demeurerait «extrêmement vigilant».

M. Molins, a par ailleurs indiqué que des accusations préliminaires avaient été déposées contre quelques personnes, dont des proches des trois suspects.

Des explosions et des coups de feu ont retenti aux deux endroits presque simultanément vendredi après-midi. De la fumée blanche s'est élevée à l'extérieur de l'imprimerie de Dammartin-en-Goële, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Paris.

L'imprimerie était encerclée par les forces de l'ordre depuis plusieurs heures. Après les explosions, des membres des forces d'élite françaises ont été vus sur le toit de l'édifice et un hélicoptère de la police s'est posé à proximité.

La porte-parole de la ville de Dammartin-en-Goële, qui est située tout près de l'aéroport Charles-de-Gaulle, Audrey Taupenas, a confirmé la mort des deux frères. Leur otage s'en est sorti sain et sauf, selon un porte-parole de la police française.

Un responsable a confié, sous le couvert de l'anonymat, que les preneurs d'otages se connaissaient tous. Les autorités ont découvert que Mme Boumeddiene avait téléphoné près de 500 fois à un proche des frères Kouachi, a dévoilé le procureur de Paris, François Molins.

La France était en état d'alerte maximale depuis sa pire attaque terroriste des dernières décennies. Le massacre de mercredi a fait 12 morts dans les locaux de «Charlie Hebdo», à Paris.

Les auteurs présumés de l'attaque contre le journal ont pris la fuite vers le nord. Une immense chasse à l'homme avait alors commencé à Paris, pour s'étendre dans la région de la Picardie, au nord de la capitale. Les frères Kouachi ont cambriolé une station d'essence en chemin et volé une voiture, avant de finir à Dammartin-en-Goële.