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Premier essai du Polaris Slingshot 2015 (PHOTOS)

Nouveau venu dans la catégorie des engins récréatifs à trois roues, nous avons pris le volant du Polaris Slingshot 2015 sur les routes de Californie. Un véhicule décalé et fun pour le prix d'une Honda Civic régulière.

Comme notre Can-Am Spyder national, le Polaris Slingshot possède trois roues, deux à l'avant et une à l'arrière. Mais la comparaison s'arrête là. On prend place sur le Spyder alors qu'on entre dans le Slingshot. Le Can-Am possède aussi une position de conduite plus typée moto alors que chez Polaris on a opté pour un habitacle ouvert plus proche de celui d'une voiture. Enfin, dernier point important, le Spyder possède un guidon alors que le Slingshot utilise un volant.

Selon Polaris, il ne s'agit pas de venir faire de l'ombre au Spyder. Sur le plan technique les deux engins sont effectivement différents, mais ils visent clairement la même clientèle. Ce sont deux véhicules récréatifs qui souhaitent attirer des personnes plutôt aisées financièrement et qui ont déjà une voiture, et parfois aussi déjà une moto.

Techniquement, le Slingshot embarque un châssis tubulaire en acier haute résistance. Le bras oscillant est un monobras en aluminium qui découvre la jante du côté gauche. On note aussi l'absence de pare-brise, ce qui rapproche le conducteur de l'univers de la moto.

Polaris Slingshot 2015

Le modèle de base est uniquement disponible en gris titane (ou gris plastique si vous êtes pragmatiques...) au prix de 19 999$ US. Mais pour 23 999$ US, vous pouvez opter pour une version mieux équipée rouge perle qui offre des roues plus grosses, un petit pare-brise et un système d'info-divertissement dans un écran de 4,3 pouces. On y trouve une caméra de recul, un port USB, une connectivité Bluetooth et un système audio à 6 hauts-parleurs.

Les éléments, qui composent ce "pack" peuvent être également être achetés séparément.

Tout devient plus clair lorsqu'on décide de s'installer au volant du Slingshot. On y retrouve une position étonnamment confortable qui fait penser à un croisement entre un bateau hors-bord, un karting à deux places avec un soupçon de motoneige.

Grâce à une large ouverture, on entre facilement à bord, et même les grands gabarits n'auront aucun problème à loger leur tête puisqu'il n'y a pas de toit. En revanche, gardez à l'esprit que le Slingshot est bas et totalement ouvert. Si vous touchez à votre cellulaire à une lumière, tout le monde saura que vous êtes un conducteur distrait.

La visibilité globale est plutôt bonne en avant, mais moins en arrière à cause de la grosse structure située derrière les sièges. Dans l'habitacle, Polaris est allé à l'essentiel. Du plastique (pas tellement qualitatif...), un volant réglable en hauteur, deux indicateurs analogiques (vitesse et régime moteur) et un petit écran LCD. Sans oublier le bouton pour désactiver les aides à la conduite. C'est tout.

Voilà qui ne risque pas de nous distraire de la principale activité à réaliser avec ce type d'engin, conduire...ou piloter !

Grâce à une direction directe bien qu'un peu trop assistée, on profite d'une excellente communication avec le train avant. Mais ce qui rend les performances vraiment intéressantes, c'est le rapport poids/puissance du véhicule. Le moteur 4-cylindres de 2,4 litres EcoTec développe 173 chevaux et 166 lb-pi de couple. C'est tout ? Oui mais le Slingshot ne pèse que 782 kg sur la balance. À titre de comparaison, une Mazda MX-5 qui développe 167 ch pèse 342 kg de plus !

La MX-5 n'étant pas la plus lente des autos du marché, on vous laisse imaginer la vivacité des accélérations du Slingshot...

La puissance est transmise aux roues par une boîte manuelle à 5 rapports et une courroie crantée renforcée à la fibre de carbone. Après avoir tourné la clé et appuyé sur le bouton de démarrarge, la sonorité du moteur est plaisante, grâce à l'échappement court qui débouche à l'avant du côté droit.

La boîte de vitesse est également efficace et agréable à manier. L'engagement des vitesses se fait de manière franche et l'embrayage n'a pas besoin de trop de gaz pour lancer la machine.

Le couple à bas régime est correct, mais il faut attendre d'arriver à mi-régime pour obtenir une accélération suffisante. La réponse de la pédale d'accélérateur pourrait être plus franche et rapide et le moteur s'essouffle dans le haut du compte-tours, ce qui est dommage pour les amateurs de mécaniques sportives.

Mais soyez rassurés, il reste suffisamment de chevaux pour allumer le pneus arrière en première, seconde et même en troisième vitesse si vous conduisez de manière enthousiaste.

Même avec le contrôle de traction enclenché, la roue arrière patine, ce qui n'encourage pas à le retirer sur route ouverte. En venant du monde automobile (ça ne vous concerne pas si vous faites de la moto) on ne se sent pas forcément en sécurité de rouler très vite à bord de cette cage en métal sans protections. C'est certainement aussi pour cela qu'il est obligatoire de porter un casque en roulant à bord du Slingshot.

S'il se montre plutôt bruyant lorsqu'on le sollicite à pleine charge, le moteur est plutôt silencieux à bas régime et au ralenti. C'est également le cas sur l'autoroute où l'aiguille affiche 2 250 tr/min à 100 km/h.

Les aides à la conduite sont efficaces, et freinent les roues avant si vous entrez en courbe avec trop de vitesse de passage. Mais avant cela vous aurez déjà adopté un rythme assez soutenu. Sur une route ouverte à la circulation vous risquez de rouler beaucoup trop vite par rapport aux autres automobilistes...et peut-être au goûte de la police si elle croise votre route.

Verdict

Après avoir conduit le Polaris Slingshot, nous avons été séduits par la connexion qu'il offre avec les éléments extérieurs, en dépit d'un danger plus important qu'à bord d'une voiture de tourisme conventionnelle. Les amateurs de moto et de sensations fortes de manière globale devraient y être plus à l'aise et apprécier l'expérience.

Sur un plan plus pragmatique, le compartiment de rangement qui ferme à clé, et la possibilité de le conduire au quotidien sont un argument important, si l'on considère son moteur souple et docile et ses suspensions prévenantes.

On apprécie aussi et surtout le prix placé, largement inférieur à ses concurrents comme le Campagna T-Rex québécois ou la KTM X-Bow qui ne jouent pas tout à fait dans la même cour. Reste l'éternel Spyder, offert à un prix assez proche...cela prendrait une comparaison entre les deux pour savoir lequel est le plus fun !

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