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08/01/2015 06:32 EST | Actualisé 10/03/2015 05:12 EDT

Un policier tué dans l'attentat de Charlie Hebdo était d'ascendance maghrébine

PARIS - Le policier abattu de sang-froid sur le trottoir en face des bureaux de Charlie Hebdo, mercredi, par l'un des suspects de l'attentat meurtrier était fils d'immigrants maghrébins.

La police a identifié la dernière des 12 victimes de l'attentat comme étant Ahmed Merabet. Aussitôt son identité connue, un vaste mouvement de solidarité a enflammé les médias sociaux, sous le mot-clic «Je suis Ahmed» — comme le célèbre «Je suis Charlie» lancé la veille.

Selon son syndicat, l'agent Merabet était âgé dans la trentaine et comptait huit ans de service au sein de la police.

Des images vidéo prises par un citoyen et publiées en ligne après l'attentat montrent l'agent Merabet gisant sur le trottoir, vraisemblablement blessé, et levant une main comme s'il demandait grâce à l'un des suspects, avant d'être exécuté froidement d'une balle à la tête.

Pendant l'attentat, les suspects ont crié «Allahu akbar!» — «Dieu est grand», en arabe —, et selon la police, ils pourraient être liés à la branche d'Al-Qaïda au Yémen.

Ahmed Merabet, originaire de Livry-Gargan, en banlieue nord-est de Paris, était «quelqu'un de très discret, de consciencieux», a indiqué au Figaro le secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police, Rocco Contento. Un autre représentant syndical, qui a requis l'anonymat, a indiqué que les parents du policier avaient quitté le Maghreb pour s'installer en France. On ignore si Ahmed Merabet était un musulman pratiquant.

L'autre policier tué mercredi dans l'attentat est l'agent Franck Brinsolaro, un vétéran de la police qui assurait la garde rapprochée du directeur de Charlie Hebdo, Stéphane Charbonnier. Selon un représentant syndical, «Charb» invitait parfois l'agent Brinsolaro à partager sa table au réputé restaurant parisien «Closerie des Lilas».

Selon Le Figaro, Franck Brinsolaro, originaire de Marseille, avait épousé récemment la rédactrice en chef d'un hebdomadaire du nord de la France, L'Éveil normand. Le couple avait deux enfants.

La mort d'Ahmed Merabet rappelle une série d'attentats antisémites meurtriers commis dans le sud de la France en 2012, au cours desquels trois soldats français d'ascendance maghrébine ont été tués, de même que plusieurs civils juifs.