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08/01/2015 09:56 EST | Actualisé 08/01/2015 11:49 EST

Charlie Hebdo: la France se fige dans une même douleur (VIDÉO)

BERTRAND GUAY via Getty Images

Minute de silence dans les services publics et les écoles, métros et bus à l'arrêt, cloches sonnant le glas: la France s'est figée jeudi à midi dans la même douleur et le même recueillement.

Du président de la République aux enfants des écoles, à Paris et en province, le pays s'est arrêté pour rendre hommage dans un même élan aux 12 victimes de la tuerie qui a décimé la veille la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo.

Sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris dont les cloches sonnaient le glas, des dizaines de personnes, certaines en pleurs, ont brandi sous une pluie battante un crayon, symbole de la lutte pour la liberté d'expression unaniment défendue en France depuis l'attaque.

"Quand on attaque la presse, on attaque la liberté. C'est le pays de Voltaire, de Zola... Il faut se battre pour la liberté d'expression", dit Jean-Paul Doussin, un vieux monsieur qui s'est découvert, le béret à la main, malgré la pluie drue.

Bus et métros de la capitale se sont arrêtés pour participer à l'émotion générale. Certains commerces ont interrompu leurs ventes.

A la gare Saint-Lazare à Paris, un message appelle au recueillement avant un coup de sifflet: des centaines de personnes s'arrêtent de marcher et restent figées.

L'air grave, le président François Hollande a observé devant les caméras une minute de silence dans une cour de la Préfecture de police de Paris, entouré d'une centaine de policiers en tenue.

'Il faut que la France se réveille'

Au siège de Charlie Hebdo, dans le 11e arrondissement de Paris, des centaines d'anonymes receuillis, la gorge serrée, parfois en larmes, ont témoigné de leur solidarité, déposant fleurs, crayons, bougies, dessins et messages.

"On est tous Charlie, non à la barbarie", "Hara Kiri aux islamistes, Charlie vivra!": des messages de solidarité accompagnaient les nombreux bouquets déposés sur le trottoir.

Un tonnerre d'applaudissements a suivi la minute de silence, y compris de la part des nombreux journalistes présents, dont plusieurs ont brandi leur carte de presse.

"Je suis une vieille dame, j'ai connu l'Occupation. Il faut que la France se réveille pour qu'on soit encore libre de penser", confiait Monique Valton, 81 ans, venue déposer des fleurs.

Les visages de Charb, Cabu, Wolinski et Tignous, quatre caricaturistes de renom tués durant l'attaque, sont affichés sur la façade d'un immeuble proche.

Ces dessinateurs qui ont été tués "représentent mes idées et les valeurs de la France", dit Patrick Derrien, 66 ans, lecteur régulier de Charlie Hebdo.

"Je viendrai tous les jours ici, jusqu'à dimanche. Charlie Hebdo n'était pas mon journal. Mais ils ont tué des gens qui étaient là pour faire sourire et penser", affirme Dominique Vivares, une responsable des ventes de 49 ans.

La Tour Eiffel éteinte

A Toulouse (sud-ouest), plusieurs milliers de personnes, dont beaucoup pointaient des stylos vers le ciel, se sont longuement recueillies en silence, avant d'entonner une Marseillaise.

"Je suis choquée, en colère, triste et je trouve que nous ne sommes pas assez nombreux aujourd'hui", témoigne Clara, 52 ans, submergée par l'émotion.

Dans la cour de la préfecture à Lyon, Solange, 58 ans, veut rendre hommage "aux dessinateurs de notre jeunesse". "La guerre est déclarée depuis un certain temps", souligne à côté d'elle Jean-Luc, 58 ans, qui craint d'autres attentats.

A Lille (nord), des enfants d'une école musulmane ont brandidevant des caméras des feuilles de papier barrées du slogan "Pas en mon nom".

A Nantes, un jeune homme, portant un tee-shirt noir sur lequel il a peint en lettres blanches "Je suis Charlie", se recueille sur la Place Royale. En larmes devant des dizaines de bougies éteintes et des fleurs laissées au bord de la fontaine, il lâche: "ils ont voulu tuer Charlie Hebdo, mais ils l'ont rendu immortel".

Sur les réseaux sociaux ou par texto, certains appelaient à une opération "bougies aux fenêtres" jeudi soir, pour envoyer un "message de paix, pour la liberté".

A 20h00, les lumières de la Tour Eiffel devaient s'éteindre en hommage aux victimes.

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