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07/01/2015 02:41 EST | Actualisé 09/03/2015 05:12 EDT

Le plongeon du pétrole fait reculer les prix à la consommation dans la zone euro

LONDRES - Les prix à la consommation dans la zone euro ont baissé pour la première fois en cinq ans, en décembre, ce qui n'augure rien de bon pour la croissance économique dans la région et pourrait achever de convaincre la Banque centrale européenne (BCE) de mettre en place un vigoureux plan de relance.

La baisse des coûts de l'énergie a fait baisser les prix de 0,2 pour cent en décembre par rapport à 2013, a indiqué mercredi l'agence Eurostat. Il s'agit d'une baisse importante par rapport à la hausse annualisée de 0,3 pour cent enregistrée en novembre, mais aussi par rapport aux prévisions des marchés, qui s'attendaient à une baisse de 0,1 pour cent.

L'impact énorme de la baisse des prix du pétrole est flagrant, puisque si l'on exclut de l'indice les éléments dont les prix sont plus volatils comme la nourriture, le tabac et l'énergie, l'inflation de base s'est établie à 0,8 pour cent en décembre.

Si la baisse des carburants peut, à court terme, réjouir les consommateurs, elle peut aussi, si elle perdure, favoriser une spirale déflationniste, ce qui asphyxie l'économie — les consommateurs repoussent des achats importants dans l'espoir que les prix vont baisser davantage. La poussée déflationniste peut aussi être difficile à renverser, comme en fait foi le Japon, dont l'économie stagne depuis deux décennies.

Les gouverneurs de la BCE analyseront soigneusement ces données lors de leur prochaine rencontre, le 22 janvier. Plusieurs observateurs croient qu'ils vont alors s'inquiéter de la déflation, alors que la zone euro — qui compte maintenant 19 membres depuis l'adhésion de la Lituanie — connaît de faibles inflations depuis des mois, avec une croissance anémique et des taux de chômage élevés.

On apprenait d'ailleurs mercredi que le taux de chômage dans les pays membres de la zone euro demeurait toujours très élevé en novembre, à 11,5 pour cent.

De nombreux économistes croient que la BCE appuiera fin janvier l'idée d'un programme de relance qui comprendrait notamment des achats d'obligations gouvernementales, une mesure prise par d'autres banques centrales ces dernières années, dont la Réserve fédérale américaine et la Banque d'Angleterre. La BCE ne pourrait d'ailleurs guère faire plus, elle qui a déjà réduit les taux d'intérêt à des niveaux records et qui a soutenu l'achat de certaines obligations d'entreprises.

La perspective de voir apparaître de nouvelles mesures pour stimuler l'économie européenne a égratigné mercredi la devise européenne, qui a reculé à son plus bas niveau en neuf ans, à 1,1802 $ US. Les opérateurs, qui voient d'un mauvais oeil la plus grande circulation d'euros, vendent cette devise.