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07/01/2015 11:53 EST | Actualisé 09/03/2015 05:12 EDT

Le déficit commercial canadien s'est élargi en novembre, note Statistique Canada

OTTAWA - Le Canada a vu son déficit commercial s'accroître plus rapidement que prévu en novembre, des diminutions du pétrole brut et du pétrole brut bitumineux s'étant distinguées dans un plus large recul des exportations.

Le pays a affiché un déficit commercial de marchandises de 644 millions $ pour novembre, a indiqué mercredi Statistique Canada, alors que les économistes s'attendaient plutôt en moyenne à un déficit de 300 millions $, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

L'agence gouvernementale a en outre révisé son résultat d'octobre pour maintenant faire état d'un déficit de 327 millions $, alors qu'elle avait initialement annoncé un excédent de 99 millions $.

L'économiste en chef d'Exportation et développement Canada, Peter Hall, a noté que les chiffres de novembre avaient reculé dans 9 des 11 catégories commerciales étudiées par Statistique Canada.

«C'est certainement un mois à l'encre rouge, n'est-ce pas?» a observé mercredi M. Hall lors d'un entretien.

«C'est un recul très large, mensuellement, dans le commerce. Alors il devrait entraîner un peu d'inquiétudes.»

Les importations canadiennes de marchandises ont reculé de 2,7 pour cent en novembre, tandis que les exportations ont diminué de 3,5 pour cent. La valeur des exportations a totalisé 43,3 milliards $ — son plus faible niveau depuis avril dernier — tandis que celle des importations a atteint 43,9 milliards $, ce qui est son plus faible niveau depuis juillet.

Les données de novembre témoignent de l'impact du recul du cours du pétrole, qui est en chute libre depuis l'été dernier.

Le cours de référence de la Bourse des matières premières de New York a retraité cette semaine sous la barre des 50 $ US le baril, pour s'échanger à des prix qui n'avaient pas été atteint depuis près de six ans.

Les exportations de produits énergétiques ont reculé de 7,8 pour cent à 9,5 milliards $ en novembre, ce qui constituait leur sixième recul mensuel consécutif, a précisé Statistique Canada.

La valeur des exportations de pétrole brut et de pétrole brut bitumineux a retraité de 9,9 pour cent à 6,9 milliards $, pendant que les prix cédaient 6,7 pour cent et que les volumes diminuaient de 3,4 pour cent.

Selon M. Hall, la poursuite du plongeon du prix du pétrole en décembre et en janvier aura aussi un impact dans les données commerciales à venir.

«C'est quelque chose à quoi nous devrons nous habituer», a-t-il estimé.

Cependant, le secteur de l'énergie n'était pas le seul à retraiter. Les exportations de métal et de produit minéraux non métalliques ont notamment échappé 8,3 pour cent à 5 milliards $.

Les importations en provenance des États-Unis ont diminué de 2,1 pour cent à 29,9 milliards $ en novembre, tandis que les exportations destinées au sud de la frontière ont reculé de 2,6 pour cent à 32,9 milliards $, ce qui a réduit l'excédent commercial avec ce pays à 2,9 milliards $ en novembre, par rapport à 3,2 milliards $ en octobre.

Les exportations destinées aux autres pays du monde ont perdu 6,2 pour cent à 10,4 milliards $, pendant que les importations en provenance du reste du monde ont diminué de 4,2 pour cent à 14 milliards $. Le déficit commercial avec tous les pays sauf les États-Unis s'est élargi à 3,6 milliards $ en novembre, après s'être chiffré à 3,5 milliards $ en octobre.

M. Hall a cependant observé que l'activité commerciale moyenne pour les 11 premiers mois de 2014 affichait malgré tout une croissance de sept pour cent.

L'économiste principal de BMO Marchés des capitaux Benjamin Reitzes a qualifié le rapport de novembre de «morne, avec des éléments négatifs pour pratiquement tous ses aspects».

«Même si le commerce a affiché une solide performance en 2014 dans l'ensemble, il ne termine pas l'année particulièrement en très bonne forme», a écrit M. Reitzes dans une note à ses clients.

«Puis, le déficit commercial va probablement s'accentuer de façon importante en raison de la forte chute des prix de l'énergie, ce qui laisse croire qu'il faudra attendre un bon moment avant de voir un nouvel excédent.»

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