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07/01/2015 03:44 EST | Actualisé 09/03/2015 05:12 EDT

La majorité des sables bitumineux doit rester dans le sol, dit une étude

La majeure partie des sables bitumineux du Canada doit rester dans le sol si la communauté internationale veut commencer à prendre les changements climatiques au sérieux, dit une étude britannique publiée dans la revue scientifique Nature.

Le rapport indique que les trois-quarts des réserves de pétrole du Canada et 85 pour cent des sables bitumineux canadiens ne peuvent être consommés si le monde veut limiter le réchauffement climatique. L'étude conclut également que, pour garder la hausse des températures globales sous le seuil des deux degrés Celsius, aucune ressource énergétique de l'Arctique, tous pays confondus, ne devrait être développée.

De plus, le quart des réserves de gaz naturel du Canada et 80 pour cent du charbon devraient aussi être ignorés.

L'auteur de l'étude, Christophe McGlade, de l'université College London, au Royaume-Uni, affirme que la recherche a été menée après que des politiciens de partout dans le monde eurent convenu que le réchauffement climatique devrait être limité à deux degrés au-dessus de la moyenne historique. D'un autre côté, objecte-t-il, la plupart de ces dirigeants sont d'enthousiastes ambassadeurs de leurs combustibles fossiles.

«Presque tous les politiciens du monde aimeraient développer les sources locales de pétrole, de gaz et de charbon et chercher de nouvelles ressources», soutient-il.

«Ce que montre cette analyse, c'est que ces deux positions sont incohérentes. Tous les pays ne peuvent exploiter toutes leurs réserves domestiques tout en gardant le réchauffement en bas de deux degrés.»

M. McGlade et le co-auteur, Peter Ekins, ont appliqué un modèle mathématique pour calculer les quantités de pétrole, de gaz naturel et de charbon de chaque pays, et ont analysé la demande de chaque matière. Ils ont ensuite établi la demande jusqu'en 2050, en utilisant un modèle pour calculer la quantité de chaque ressource qui serait utilisée, en tenant compte de facteurs comme les coûts de production et de distribution.

Ils ont utilisé le chiffre-clé de deux degrés Celsius pour établir une limite internationale d'émissions de gaz à effet de serre pouvant être émise. Le point où se croisaient les estimations de la demande future et la quantité maximale de chaque combustible leur donnait la quantité maximale de chaque combustible pouvant être développée.

«Nos résultats laissent entendre que, globalement, le tiers des réserves de pétrole, la moitié des réserves de gaz et plus de 80 pour cent de celles de charbon ne devraient pas être exploitées», dit l'étude.

Christophe McGlade espère que ces conclusions seront utilisées par les chefs d'États internationaux durant les discussions du sommet qui doit avoir lieu cette année à Paris, pour conclure une entente sur les changements climatiques. Elles pourraient servir de base aux pourparlers. «Ce sont des preuves de plus pour les législateurs. Espérons que cela aidera à informer certaines des négociations», a-t-il fait valoir.