NOUVELLES
07/01/2015 06:11 EST | Actualisé 07/01/2015 12:07 EST

Fusillade au Charlie Hebdo: au moins 12 morts (EN DIRECT/PHOTOS/VIDÉO)

Au cri d'"Allah Akbar", des hommes armés ont attaqué mercredi à Paris l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, tuant de sang froid 12 personnes dont des figures de la rédaction de ce symbole de la liberté d'expression, déjà menacé pour des caricatures de Mahomet.

Ce carnage, d'une "exceptionnelle barbarie" selon le président français François Hollande, suscité l'indignation à travers le monde.

SUIVEZ NOTRE BLOGUE EN DIRECT AU BAS DE L'ARTICLE

Galerie photo
Fusillade au Charlie Hebdo
Voyez les images


L'attentat sans précédent, le plus meurtrier en France depuis des décennies, a rapidement fait penser à une vengeance des islamistes radicaux qui avaient promis de punir le journal pour avoir publié en 2006 des caricatures du prophète Mahomet.

Les tueurs ont semblé suivre des consignes données notamment par le groupe Etat islamique (EI), contre lequel la France est engagée militairement en Irak.

La rédaction de Charlie Hebdo, surprise par les tueurs en pleine conférence de rédaction, a été décimée. Quatre de ses caricaturistes vedettes, Charb, Cabu, Tignous et Wolinski, très connus en France, sont morts. Deux policiers figurent parmi les victimes. Au moins un d'entre eux a été exécuté à bout portant.

Le président français, venu rapidement sur les lieux pour dénoncer un "attentat terroriste", a appelé à "l'unité nationale". Les drapeaux ont été mis en berne à l'Elysée, à l'Assemblée nationale et au Sénat.

'On a vengé le prophète'

Le sort et l'identité des auteurs de la fusillade, qui ont réussi à prendre la fuite, n'étaient pas connus en fin d'après-midi. "Trois criminels" sont impliqués, selon le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Les agresseurs, a raconté un rescapé cité par la police, ont fait irruption en fin de matinée dans la conférence de rédaction de l'hebdomadaire en criant: "Nous avons vengé le prophète!" et "Allah Akbar".

Une vidéo filmée juste après l'attaque, près des locaux de Charlie Hebdo dans l'est parisien, montre deux hommes armés de fusils automatiques sortant d'un véhicule, exécutant d'une balle dans la tête un policier à bout portant, puis prenant la fuite en criant de nouveau: "On a vengé le prophète Mohamed".

"Ils étaient cagoulés, avec des armes kalachnikov ou M16 (...) On se croyait sur le tournage d'un film", a décrit un voisin.

Après une réunion gouvernementale de crise, M. Hollande devait s'adresser aux Français à 19H00 GMT. Le président socialiste est en première ligne après avoir multiplié récemment les appels à la vigilance devant les "menaces" liées au "terrorisme", au "communautarisme" et au "fondamentalisme".

"La France a été touchée dans son coeur", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls, qui a relevé le plan antiterroriste Vigipirate au niveau "alerte attentats", le plus élevé possible, pour l'ensemble de la région parisienne. Dans les rues de la capitale, la présence policière est devenue rapidement beaucoup plus visible.

En novembre 2011, le siège de Charlie Hebdo avait été détruit dans un incendie criminel, déjà qualifié d'"attentat" par le gouvernement de l'époque. En 2013, un jeune homme de 24 ans avait été condamné à de la prison avec sursis pour avoir appelé sur internet à décapiter son directeur, après la publication des caricatures de Mahomet.

Les organes de presse, les grands magasins, très fréquentés mercredi pour l'ouverture des soldes d'hiver, les lieux de culte, les écoles et les transports ont été placés sous "protection renforcée".

Mares de sang

Un témoin travaillant dans des locaux face au siège de Charlie a décrit "des corps à terre, des mares de sang, des blessés très graves". Un voisin, Bruno Leveillé, a raconté à l'AFP avoir entendu "une trentaine de coups de feu pendant une dizaine de minutes".

"J'ai entendu des coups de feu, j'ai vu des gars cagoulés qui sont partis en voiture", a déclaré à l'AFP Michel Goldenberg, un autre voisin. Après avoir quitté les lieux, les deux agresseurs ont braqué un automobiliste dans le nord-est de Paris, selon la police.

Le mode opératoire des tueurs, froids et déterminés, est la marque d'hommes ayant subi un entraînement poussé, de type militaire, ont estimé des sources policières. "Ce ne sont pas des illuminés qui ont agi sur un coup de tête", a assuré l'une d'elles.

"Les auteurs de ces actes seront pourchassés aussi longtemps que nécessaire pour qu'ils puissent être arrêtés, traduits devant les juges et condamnés", a martelé le président Hollande, en soulignant le "choc" représenté par cette attaque pour la France.

"Dans ces moments-là, il faut faire également bloc, montrer que nous sommes un pays uni", a-t-il insisté.

La condamnation a été unanime dans le monde. L'Allemande Angela Merkel s'est dite "bouleversée", le Britannique David Cameron dénonçant une attaque "révoltante". L'Américain Barack Obama a condamné une fusillade "terrifiante", le Russe Vladimir Poutine "le terrorisme sous toutes ses formes". Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, s'est dit "consterné".

"Tous les Américains se tiennent au côté de la France", a déclaré, en français, le secrétaire d'Etat américain John Kerry sur son compté Twitter, tandis que la reine d'Angleterre Elizabeth II adressait ses "sincères condoléances".

En France, c'était l'union sacrée au sein de la classe politique. "La République doit se rassembler", a réagi l'ex-président de droite Nicolas Sarkozy. La dirigeante du Front national (extrême droite) Marine Le Pen a fustigé "un attentat terroriste commis par des fondamentalistes islamistes".

A l'appel de nombreux syndicats, associations, médias et partis politiques, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées en fin de journée dans le centre de Paris pour témoigner de leur solidarité après l'attentat.

» Suivez les événements en direct ci-dessous :

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter