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06/01/2015 02:14 EST | Actualisé 08/03/2015 05:12 EDT

Le président Obama dira non à un projet de loi sur le pipeline Keystone XL

WASHINGTON - Il aura fallu moins d'un jour pour réprimer les espoirs des promoteurs des sables bitumineux canadiens de voir un Congrès américain désormais à majorité républicaine faire finalement aboutir leur projet d'oléoduc contesté Keystone XL.

Mais le projet s'est de nouveau heurté à un obstacle connu: la Maison-Blanche.

Un projet de loi qui forcerait l'approbation de la construction de l'oléoduc a été soumis au débat par la nouvelle majorité républicaine au premier jour des travaux au Congrès en 2015, mardi, et aussitôt, le président Barack Obama a signalé qu'il y opposerait son veto.

«Je peux vous confirmer que si ce projet de loi est approuvé au Congrès, le président ne le signerait pas», a indiqué le porte-parole de M. Obama, Josh Earnest, lors d'un point de presse à la Maison-Blanche.

M. Earnest a d'abord parlé d'une question de procédure, et non d'une décision sur le fond. Il a affirmé que le président estimait que le Congrès ne devait pas approuver les projets de pipelines transfrontaliers alors que le processus approprié d'examen revient plutôt à la Maison-Blanche.

Il a ajouté que le trajet du pipeline à travers le Nebraska, qui est au coeur d'une poursuite, devait aussi être résolu.

M. Earnest a aussi tenu à rappeler les doutes soulevés par M. Obama quant aux bénéfices que pourrait générer le projet.

«Vous pouvez remarquer notre scepticisme à l'égard de certaines des affirmations faites par les partisans les plus enthousiastes du pipeline», a-t-il exprimé.

Ces commentaires critiques de M. Obama sur le potentiel limité de création d'emplois, sur le fait que le prix de l'essence ne diminuerait pas nécessairement aux États-Unis, et sur les menaces potentielles à l'environnement avaient déjà mené la plupart des observateurs à Washington à s'attendre à un veto.

Ce qui est étonnant est le moment choisi.

Lundi, la Maison-Blanche disait vouloir voir le projet de loi avant de prendre une décision sur un possible veto. Selon certaines informations, des démocrates souhaitaient y inclure certaines de leurs priorités, comme les énergies renouvelables ou le financement des infrastructures, pour le rendre plus attrayant pour le président.

Mais les législateurs des deux partis n'ont même pas eu le temps de commencer à négocier. La Maison-Blanche a menacé d'opposer son veto, avant même que le débat ne se mette en branle sur le plancher du Sénat.

Le Congrès est contrôlé par les républicains et le nouveau leader du Sénat, Mitch McConnell, a déclaré que le projet de loi sur l'oléoduc de TransCanada serait parmi les premiers à être mis au vote.

Le gouvernement du Canada n'a pas voulu s'immiscer dans ces nouveaux développements, mardi.

«Actuellement, il ne s'agit pas d'un débat entre le Canada et les États-Unis, il s'agit d'un débat entre le président et le peuple américain, qui soutient massivement le projet», affirme un communiqué du gouvernement Harper, qui a souvent défendu le projet Keystone XL.

TransCanada tente depuis six ans d'obtenir un permis pour construire son pipeline Keystone XL. Le projet de 8 milliards $ US transporterait le brut de l'Alberta et du Midwest américain aux raffineries de la côte du golfe du Mexique.