DIVERTISSEMENT
05/01/2015 10:35 EST

«F.E.A.R» : La peur salvatrice de Papa Roach (ENTREVUE/ VIDÉO)

La peur peut être un dangereux carburant, mais elle peut du même coup devenir la source de beaux accomplissements. Voilà le concept de base de F.E.A.R., huitième album du groupe de hard-rock-metal californien Papa Roach qui paraîtra le 27 janvier 2015. Quelques semaines avant cette importante parution, le Huffington Post Québec s’est entretenu avec le chanteur et leader du groupe, Jacoby Shaddix.

Rappelons que le groupe a fait énormément de bruit à compter de l’an 2000. À cette époque, sa popularité a carrément explosé avec la sortie du disque Infest. Les opportunités se sont mises à foisonner et les concerts à se multiplier. À un point tel que le groupe s’est notamment associé à de célèbres rappeurs tel Eminem (ou encore les prolifiques E-40 et Xzibit) pour produire la fameuse tournée Anger Management Tour.

Au cours des années suivantes, Papa Roach a donné une tonne de spectacles et produit sept galettes vendues à des millions d’exemplaires. Le quatuor a remporté deux Grammy Awards. Et Shaddix a même été l’hôte d’une émission de télé appelée Scarred.

Un tournant majeur

Au début de l’entrevue téléphonique, Shaddix affirme que F.E.A.R. dénote une signification particulière dans sa vie personnelle tout comme dans la carrière de Papa Roach, formé en 1993. Pour lui, ce disque marque en fait un tournant majeur.

«J’avais pas mal d’inquiétudes à propos de ce nouveau disque, raconte Shaddix au téléphone. J’avais notamment peur de faire planter le projet. Je trainais aussi beaucoup d’amertume et de frustration par rapport aux dernières années de ma vie. D’autant plus que j’étais souvent séparé de mes enfants (il a trois garçons, âgés de 12, dix et un an). Bref, quand nous sommes arrivés dans le studio d’enregistrement à Las Vegas, j’ai écrit F.E.A.R sur l’un des murs, en gros.»

«C’était un symbole, poursuit-il. Une manière d’exprimer ce que je ressentais. Et ce que nous devions vaincre pour réussir. C’est un peu philosophique aujourd’hui, mais ça faisait beaucoup de sens. Le mot est resté là durant tout l’enregistrement.»

De l’avis du chanteur, le titre de l’album représente exactement l’état d’esprit dans lequel le groupe était en arrivant à Las Vegas. Pour lui, c’est une suite logique avec l’album précédent, The Connection. «C’est un album lourd, rempli de zones sombres, de colère, de défaites, de désespoir… Mais le disque est également filtré de lumière, de courage. F.E.A.R aurait pu signifier Fuck Everything And Run, une pensée qui m’a obsédé longtemps ! (rires) Heureusement, on a préféré Face Everything And Rise, comme le titre du premier morceau.»

Contrairement à leur habitude, les membres de Papa Roach ont choisi de travailler avec des créateurs de renom, à savoir Kane et Kevin Churko, un duo père-fils qui excelle en studio, mais aussi en écriture. Pour concrétiser cette collaboration, les gars devaient quitter la Californie et passer quelques mois à Las Vegas, au Nevada.

«Je ne voulais pas aller à Vegas, indique Jacoby Shaddix. Je préférais demeurer ici, avec mon monde. Nous avons aussi un studio à Sacramento. Mais tous les membres du groupe, y compris moi, voulaient travailler avec Kane et Kevin. Ces gars ont travaillé avec de grands noms de la musique (Ozzy Osbourne, Ringo Starr, In This Moment ou encore Shania Twain). Nous avons finalement passé quelques mois dans la ville du péché, symbole de mes pitoyables dernières années», lance-t-il en riant.

Des précisions nécessaires

«J’ai tellement galéré dans cette ville, ça m’effrayait d’y retourner. Surtout après tous les efforts déployés ces derniers temps pour faire du ménage dans ma vie. Au cours des années précédentes, j’étais devenu un vrai bordel ! De tous les endroits possibles, je devais retourner dans la ville qui qui symbolise mes débauches les plus notoires. Je pense que j’avais seulement une peur bleue de retomber dans cette galère.»

«Finalement, nous avons été très sages. Nous avons travaillé extrêmement fort. Je pense que tout ça m’a fait un bien énorme. Comme si j’avais confronté mes démons (alcool, drogues, dérapes…) pour faire quelque chose qui me passionne, c’est-à-dire la musique. Je me suis donné à cent pour cent. Les trois autres gars aussi.»

«Je pense que mes efforts des derniers temps pour m’éloigner des pièges de la célébrité (alcool, drogues, dérapes, mensonges…) ont beaucoup aidé. J’ai recentré ma vie autour de ma famille et de mes amis. Déjà, avant la production de F.E.A.R., j’avais décidé de changer drastiquement mon mode vie. J’ai aussi voyagé autrement, fait du sport comme le kayak, vélo, rafting, snow-board, trek... Vive plus sainement au fond.»

En raison d’une tournée quasi interminable entre 2012 et 2014 et d’un état d’esprit plus ou moins positif, le chanteur de Papa Roach n’avait rien écrit et rien composé en vue d’un éventuel album. « Je n’aime pas beaucoup travailler du nouveau matériel en tournée. Je dois dire que ma santé (physique et mentale) n’était pas à son top. Cela dit, avec du recul, c’était la meilleure chose qui pouvait nous arriver… Je crois que cette décision d’aller à Las Vegas était la meilleure chose qui pouvait arriver au groupe. »

« Nous étions dans un magnifique studio où nous pouvions passer des journées entières à travailler sur le disque, explique Jacoby Shaddix. Trois pièces différentes d’enregistrement étaient à notre disposition. Il y avait toujours quelque chose en branle. Je faisais des voix pendant qu’un autre musicien bossait sur une ligne de guitare ou de batterie. Nous échangions constamment. Un lieu idéal pour créer. La spontanéité a été vraiment gagnante. »

Une réception à la hauteur des attentes

À l’été, Papa Roach a diffusé le single Face Everything And Rise. Au grand bonheur des musiciens du groupe, il s’est positionné dans le top 10 des chansons radio aux États-Unis. Il a même failli déloger une chanson de Linkin Park en première place.

D’ici la sortie de l’album à la fin janvier, Papa Roach a déjà proposé certaines chansons sur les planches. Notamment en Russie et au Japon. « C’était une façon de tester le nouveau matériel, dit Shaddix. La réception a été géniale. Dans les nouveaux concerts, on devrait jouer trois ou quatre pièces d’ici la sortie de l’album. Après, on ajoutera probablement deux chansons supplémentaires. Je pense à Falling Apart, qui donne une bonne idée du concept de l’album, Face Everything And Rise, Skeletons ou encore Love Me Till It Hurts. »

Plusieurs spectacles sont déjà prévus aux États-Unis pour le début de l’année. À la fin février, Papa Roach sera en Australie et en Nouvelle-Zélande. Viendront ensuite la France et le Royaume-Uni.

« Ce serait génial de passer à Montréal au printemps ou à l’été. Cette ville est superbe. Nous adorons les fans de Montréal. Ils sont intenses et connaissement bien la musique. Nous verrons… »

---

F.E.A.R. sort le 27 janvier sous l’étiquette Eleven Seven Music.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Papa Roach en quelques vidéoclips