NOUVELLES
04/01/2015 05:53 EST | Actualisé 06/03/2015 05:12 EST

Une enquête aura lieu sur le refus présumé d'enterrer un bébé rom en France

PARIS - En France, le Défenseur des droits a indiqué dimanche qu'il allait enquêter sur le présumé refus d'un maire de permettre l'inhumation d'un bébé rom dans sa communauté — malgré le déni du maire en question.

Jacques Toubon a déclaré sur la radio Europe 1 que dès lundi, il allait requérir de l'information de toutes les parties concernées.

La petite fille, née en octobre, doit être enterrée lundi matin à Wissous, une ville voisine de Champlan, au sud de Paris, où ses parents vivent dans un camp avec d'autres Roms, aussi appelés tsiganes. Le bébé est mort le lendemain de Noël du syndrome de mort subite du nourrisson, après avoir été emmené d'urgence à l'hôpital.

Le maire de Champlan, Christian Leclerc, a nié dimanche avoir refusé que la petite soit enterrée dans le cimetière de sa communauté. Sur les ondes de BFM-TV, il a demandé que cesse immédiatement cette «mascarade».

La nouvelle de son refus d'accorder une sépulture au bébé a suscité l'indignation.

La présence de quelque 20 000 Roms en France, la plupart vivant dans des camps provisoires dans des conditions déplorables, est un sujet sensible et un dossier politique controversé.

Les Roms, pour la plupart originaires d'Europe de l'Est, sont des citoyens européens.

Le premier ministre français Manuel Valls a écrit sur Twitter qu'un refus d'enterrer le bébé est «une injure à ce qu'est la France».

M. Leclerc a été cité mercredi dans «Le Parisien». Selon le quotidien, il a dit que la priorité pour le petit nombre de lieux d'inhumation disponibles irait à ceux qui paient les impôts locaux.

Il affirme maintenant qu'il y a eu de la confusion au sein des employés municipaux sur ses instructions avant qu'il ne quitte pour ses vacances, «une erreur de compréhension dans la chaîne de décision», a-t-il dit. Il a déclaré à la station iTélé TV que «ses pensées sont avec la famille».

Le maire de la ville voisine de Wissous, Richard Trinquier, a offert un lieu d'inhumation au bébé.

M. Toubon a dit qu'il était «stupéfait» du présumé refus du maire de Champlan, mais qu'il n'était pas certain qu'il s'agisse d'une violation de la loi.

Les personnes décédées ont le droit d'être enterrées où elles meurent, dans le caveau familial ou à l'endroit où elles vivaient, mais il n'est pas clair si un camp provisoire peut être considéré comme un «domicile».

Le Défenseur des droits est chargé de défendre les droits des citoyens non seulement face à l'administration publique, mais dispose également de pouvoirs en matière de promotion des droits de l'enfant et de lutte contre la discrimination.