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04/01/2015 03:21 EST | Actualisé 06/03/2015 05:12 EST

Sexisme à l'Université Dalhousie: des professeurs réclament des suspensions

HALIFAX - Quatre professeurs de l'Université Dalhousie à Halifax, qui ont logé une plainte contre des étudiants en médecine dentaire soupçonnés d'avoir rédigé des messages menaçants et méprisants envers les femmes sur une page Facebook, estiment que leurs recommandations sont demeurées lettre morte.

L'une de ces professeurs, Francoise Bayis, dit avoir agi au nom des étudiants, qui veulent pousser la direction à sévir davantage contre les fautifs.

Mme Bayis a expliqué qu'elle et ses collègues avaient fait parvenir une missive à la vice-rectrice aux affaires étudiantes, Anne Forrestall, le 21 décembre. Ils avaient même remis la lettre en mains propres à Mme Forrestall.

Les professeurs réclament une suspension provisoire des étudiants qui ont contribué à la page Facebook — qui n'est d'ailleurs plus en ligne aujourd'hui.

«(Les étudiants) pourraient ainsi revenir en classe en sachant qu'ils sont dans un environnement sécuritaire, propice à leur apprentissage», a-t-elle souligné, en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

Elle et ses collègues ont entendu plusieurs témoignages d'étudiants qui n'étaient pas satisfaits des mesures mises en place par la direction.

Le recteur Richard Florizone avait annoncé plus tôt ce mois-ci que l'université allait appliquer un mécanisme de «justice réparatrice», qui doit permettre aux parties impliquées de résoudre le conflit de façon informelle et confidentielle.

«Nous voulons nous assurer que les étudiantes ne seront pas forcées à formuler des plaintes, mais en même temps, elles ne doivent pas redouter des conséquences négatives si elles veulent aller de l'avant avec une plainte formelle», a-t-elle précisé.

Selon Mme Baylis, de tels messages haineux ont des conséquences non seulement sur les personnes visées, mais aussi sur les étudiants en hygiène dentaire et sur les clients qui se rendent à la clinique de l'université — qui a fermé ses portes jusqu'au 12 janvier, à la suite de la controverse.

«Le processus, tel qu'il est actuellement, ne s'attaque pas à tous les besoins légitimes (des victimes) et à toutes les inquiétudes suscitées par l'incident», a-t-elle tranché.

Les professeurs avaient souhaité garder l'anonymat, mais ils ont décidé de faire une sortie publique en raison des «délais inexpliqués». Les autres co-signataires de la plainte sont Jocelyn Downie, du Département de droit et de médecine, ainsi que Brian Noble et Jacqueline Warwick, de la Faculté des arts et sciences.

Le porte-parole de l'université, Brian Leadbetter, a indiqué par courriel qu'une évaluation préliminaire de toutes les plaintes formelles serait complétée d'ici la fin du mois de janvier. La direction fournira de nouvelles informations sur les procédures cette semaine, a-t-il ajouté.

Le recteur Richard Florizone avait affirmé que 13 hommes en quatrième année du programme de médecine dentaire faisaient partie du groupe Facebook.

Selon la CBC, les membres de la page Facebook «Class of DDS 2015 Gentlemen» votaient afin de savoir avec quelle étudiante ils aimeraient avoir un rapport sexuel violent et blaguaient sur l'utilisation de chloroforme sur les femmes.