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03/01/2015 05:28 EST | Actualisé 05/03/2015 05:12 EST

Un bébé rom qui s'était vu refuser une sépulture en France pourra être enterré

PARIS - Une petite fille rom morte soudainement pourra maintenant être enterrée, après qu'un maire a refusé qu'elle soit inhumée dans le cimetière de sa ville au sud de Paris, où ses parents vivent dans un camp.

Les funérailles du bébé auront lieu ce lundi dans une ville voisine — 10 jours après son décès.

Le maire de Wissous, Richard Trinquier, a déclaré à BFM-TV qu'il n'avait pas hésité une seconde car refuser de donner une sépulture à un enfant mort à l'hôpital, apparemment du syndrome de mort subite du nourrisson, était «humainement impensable».

La nouvelle que l'enfant s'était vu refuser une sépulture à Champlan avait été accueilli avec colère par les associations humanitaires, particulièrement celles qui s'occupent des quelque 20 000 Roms qui vivent en France.

Le maire de Champlan, Christian Leclerc, déclarait au journal Le Parisien plus tôt cette semaine que la priorité pour le peu de sites disponibles irait à ceux qui paient les impôts locaux. Il n'était pas disponible samedi pour commenter l'affaire.

Le bébé, dont l'âge exact n'est pas connu, a été amené d'urgence à l'hôpital Corbeil-Essone tôt le 26 décembre, selon Marie-Hélène Brelaud, de l'Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms.

«Les parents nous ont dit qu'il s'agit de racisme. Ils étaient incrédules», a déclaré Mme Brelaud à BFM.

Les parents de la petite vivent dans un camp qui ne dispose pas des services de base, comme l'eau courante, une situation typique pour les Roms, qui viennent de l'Europe de l'Est et dont la présence en France est devenue un problème politique. Les camps de Roms sont périodiquement rasés. En 2013, le nombre de personnes expulsées était égal au nombre qui s'y trouvaient toujours, selon les chiffres du gouvernement.

Offrir une sépulture est le «minimum d'humanité auquel on peut s'attendre», a déclaré le député écologiste François de Rugy à BFM. «Face à la mort, tous devraient être égaux.»