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03/01/2015 12:58 EST | Actualisé 05/03/2015 05:12 EST

Migrants syriens abandonnés: les trafiquants cachaient leur visage

ROME - Des migrants syriens ont raconté à des enquêteurs italiens, samedi, que les trafiquants qui devaient les transporter en Europe avaient porté des capuchons afin d'éviter d'être identifiés avant d'enclencher le pilote automatique et d'abandonner le navire dans les eaux agitées de la Méditerranée.

Un total de 365 Syriens, qui fuyaient la guerre dans leur pays d'origine, ont mis pied en Italie après un voyage de trois jours depuis la Turquie. Le navire avait été remorqué par un navire de la garde côtière islandaise. Des dirigeants de la garde côtière italiennes avaient auparavant atteint le navire par hélicoptère après avoir été avertis par un migrant, jeudi.

Avant l'arrivée du navire au port, la garde côtière estimait qu'il transportait entre 400 et 450 passagers. Une fonctionnaire locale, Emanuela Greco, a cependant précisé que 359 personnes se trouvaient à bord: 255 hommes, 42 femmes et 62 enfants, dont huit n'étaient pas accompagnés.

Mme Greco a expliqué à l'Associated Press que tous les passagers avaient été interrogés par la police, qui a aussi examiné leurs documents personnels, et qu'aucun présumé trafiquant ne semblait se trouver parmi eux. Les Syriens ont été transportés dans des refuges en Italie, où ils pourront faire une demande d'asile.

Des trafiquants ont déjà, par le passé, tenté de se fondre dans des groupes de migrants transportés en Italie après avoir été secourus en mer.

Selon les autorités, les migrants ont raconté être montés à bord de l'Ezadeen, battant pavillon sierra-léonais, le 31 décembre, en Turquie, après être arrivés du Liban par avion. On ignore de quel port turc ils sont partis.

Les autorités italiennes craignent maintenant que les trafiquants aient élaboré une nouvelle stratégie, particulièrement dangereuse. L'Ezadeen est le deuxième navire en deux jours à être abandonné sur le pilote automatique et programmé pour foncer tout droit sur le sud de l'Italie avec à son bord des centaines de passagers impuissants.

Les trafiquants pourraient avoir jugé que le prix payé par les migrants était suffisant pour justifier l'abandon de vieux navires afin d'éviter d'être arrêtés.

Les migrants syriens ont indiqué à la police qu'ils avaient déboursé entre 4000 et 8000 $ US chacun pour être transportés jusqu'en Europe.

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