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02/01/2015 09:14 EST | Actualisé 02/01/2015 10:15 EST

Quatre nouvelles internationales qui sont passées inaperçues en 2014

Members of the Muslim community demonstrate calling for the disarmament of Anti Balaka factions and for peace in the PK5 district of Bangui, Central African Republic, Saturday May 31, 2014.  (AP Photo/Jerome Delay)
ASSOCIATED PRESS
Members of the Muslim community demonstrate calling for the disarmament of Anti Balaka factions and for peace in the PK5 district of Bangui, Central African Republic, Saturday May 31, 2014. (AP Photo/Jerome Delay)

De la guerre à Gaza à la crise en Ukraine, en passant par l'apparition du groupe État islamique au Moyen-Orient et la disparition de 43 étudiants au Mexique, 2014 a été une année importante en événements politiques et politiques et ce dans le monde entier.

Mais la nouvelle de dernière heure fait parfois obstruction à la forêt qui se cache derrière l'arbre. Jetez donc un oeil à ces informations internationales cruciales de 2014 qui sont parfois passées sous silence.

La crise en Méditerranée

Le 10 septembre, des trafiquants d'êtres humains ont coulé un bateau au large des côtes de l'île de Malte (le plus petit pays européen) en Méditerranée. À bord, il y avait 500 passagers - des Syriens, des Égyptiens et des Soudanais - qui avaient amassé des sommes considérables pour tenter de rejoindre l'Europe.

Quelques jours plus tard, plus de 200 migrants africains ont été noyés dans le naufrage de leur bateau au large de la Libye.

«C'est sans aucun doute la fin de semaine la plus meurtrière en Méditerranée», avait déclaré Carlotta Sami de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés à ce moment.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a expliqué début décembre que 2014 a vu un nombre record de personnes qui risque leur vie en traversant la mer pour demander asile ou immigrer.

Selon l'organisation, ce sont au moins 348 000 personnes qui ont tenté un tel périple depuis janvier, dont environ 207 000 en Méditerranée.

L'UNHCR a dit que c'était presque trois fois plus que le précédent record de 2011 au moment ou la guerre civile libyenne faisait rage, quand près de 70 000 personnes avaient fait le voyage en espérant atteindre l'Europe.

Les demandeurs d'asile qui fuient le conflit syrien représentent le plus gros contingent de réfugiés cette année.

Dans un communiqué publié en décembre, l'UNHCR explique que beaucoup de migrants sont tués à bord des bateaux ou sont victimes du crime organisé.

On estime que 3 400 migrants et demandeurs d'asile ont perdu la vie en Méditerranée cette année. Le bilan pourrait augmenter, ont prévenu les organisations humanitaires.

En 2013, l'Italie avait financé une vaste opération de recherche et de sauvetage après un accident mortel sur les côtes de Lampedusa, mais la mission a été suspendue le mois dernier. L'Union européenne qui avait pour mission de combler en partie l'écart avec le budget de l'opération italienne s'est en fait cantonnée à protéger les frontières au lieu d'assurer les recherches et le sauvetage des migrants.

«Vous ne pouvez pas arrêter une personne qui fuit pour survivre, seulement par la dissuasion et sans entraîner des dangers bien plus grands», a souligné le Haut Commissaire de l'UNHCR Antonio Guterres.

Les causes profondes de la crise doivent être abordées, a-t-il insisté. «Cela signifie, voir pourquoi les gens fuient, savoir ce qui les empêche de demander l'asile par des moyens sûrs et ce qui peut-être fait pour sévir contre les réseaux criminels qui se nourrissent de ce phénomène, tout en protégeant ceux qui en sont victimes.»

mediterranean migrants

Les immigrants illégaux sont escortés par les officiers de la Garde côtière de la Turquie
(Turkish Coast Guard Command/Anadolu Agency/Getty Images)

La violence en République centrafricaine

Les organisations humanitaires et les Nations unies ont tiré la sonnette d'alarme concernant la sécurité en République centrafricaine au printemps, alertant sur le fait que la détérioration des relations entre communautés ethniques dans le pays pousse la nation vers un possible génocide.

La crise a commencé un an plus tôt quand un groupe musulman - les rebelles de la Seleka - a repris la capitale Bangui et avec à leur tête Michel Djotodia qui s'est proclamé président de la République. Les milices chrétiennes d'autodéfense anti-Balaka ont formé une opposition pour lutter contre les combattants musulmans.

Michel Djotodia s'est réfugié au Bénin en janvier, et le très respecté maire de Bangui est revenu. Cependant le changement de direction s'est avéré inefficace pour rétablir le calme et la sécurité.

Tandis que l'arrivée des troupes internationales a légèrement stabilisé la situation, de violents affrontements ont lieu quotidiennement. Reuters estime que plus de 3 000 personnes ont été tuées dans le pays depuis décembre 2013. Selon l'Associated Press, 5 000 personnes ont perdu la vie entre décembre 2013 et septembre 2014.

L'UNHCR estime qu'un quart de la population de la République centrafricaine a migré au sein même du pays depuis décembre 2013. Au plus fort de la violence, plus de 930 000 personnes ont quitté leur maison. Bien que ce nombre a diminué à 508 000 en août, plus de la moitié des 4,5 millions d'habitants du pays restent tributaires de l'aide d'urgence.

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Les membres de la communauté musulmane manifeste et appellent au désarmement des factions anti-Balaka et au calme pour le quartier PK5 de Bangui, en République centrafricaine, samedi 31 mai 2014. (AP Photo/Jerome Delay)

Les rebelles s'emparent de la capitale yéménite

Les combattants Houthi ont pris Sanaa, la capitale du Yémen en septembre et le contrôle de la plupart des grands bâtiments gouvernementaux en quelques jours seulement. Des semaines plus tard, le groupe armé chiite de la secte des Zaiti et d'autres factions politiques du Yémen ont convenu d'un accord négocié avec l'ONU pour mettre en place un nouveau gouvernement et mettre fin au combat.

La conquête de la capitale et l'accord qui a suivi ont radicalement changé le paysage politique du Yémen. Pour Reuters, les Houthis ont resserré leur emprise sur les institutions d'État, incluant les principaux ports, le ministère de la Défense et les compagnies pétrolières.

On rapporte que les Houthis dirigeraient des centres de détention illégale et auraient peur de leur propre système judiciaire.

Malgré cela, l'accord a échoué à ramener la stabilité dans le pays. Selon Reuters, tandis que les Houthis ont initialement reçu l'approbation du peuple pour leur position contre la corruption et leurs propositions plutôt libérales, beaucoup désapprouvent maintenant leur tactique féroce. De plus, Al-Qaïda au Yémen, l'organisation terroriste sunnite qui considère les Houthis chiites comme des hérétiques a lancé une campagne sanglante contre les rebelles, y compris des raids et des attentats suicides. La chute de la capitale a creusé les divisions tribales, régionales et politiques, et elle a soulevé des inquiétudes à savoir que le Yémen comme État pourrait se défaire, selon Reuters.

«L'incapacité des autorités à vérifier l'ascension des Houthis ou à amortir le sectarisme a galvanisé les groupes séparatistes qui y ont vu une opportunité pour faire avancer leurs idées».

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Des hommes armés yéménites fidèles au mouvement chiite Houthi au un poste de contrôle à Sanaa le 30 octobre 2014. (MOHAMMED HUWAIS/AFP/Getty Images)

Un nouveau parti politique balaie l'Espagne

Un nouveau parti politique a pris d'assaut l'Espagne cette année, terminant deuxième dans les récents sondages, moins d'un an après sa formation.

Les sondages publiés début décembre ont montré que Podemos - ce qui signifie «nous pouvons» en espagnol - recueillerait 25% des votes s'il y avait une élection au moment de sa publication.

Les résultats ont indiqué une légère perte de Podemos après un record historique en novembre, quand les sondages ont placé Podemos en tête, devant le parti du peuple en ce moment au pouvoir et les socialistes qui forment l'opposition. Le «Guardian» note que ces deux partis représentaient 75% des votes dans le passé.

Podemos a été créé en janvier, dans le sillage du mouvement des indignés en 2011. Il est dirigé par Pablo Iglesias, un professeur d'université dans la trentaine reconnaissable à sa queue de cheval.

Le parti prône la fin de la politique traditionnelle et de la corruption. Ses propositions sont les suivantes: la semaine de travail de 35 heures, la garantie d'un revenu minimum et l'abaissement de l'âge de la retraite - des projets qui diffèrent des politiques de beaucoup de nations européennes.

«El Pais» a expliqué que la plupart des critiques faites envers ce nouveau parti ciblent leur programme économique, des propos trop vagues et trop radicaux.

Le quotidien espagnol note que le parti a depuis modifié certaines de ses propositions.

pablo iglesias

Pablo Iglesias, le dirigeant du nouveau parti Podemos fait un discours pour annoncer les membres du parti qui ont été élus au théâtre Nuevo Apolo le 15 novembre 2014 à Madrid en Espagne. (Pablo Blazquez Dominguez/Getty Images)

Cet article initialement publié sur le Huffington Post États-Unis a été traduit de l’anglais.

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