NOUVELLES
02/01/2015 01:10 EST | Actualisé 04/03/2015 05:12 EST

L'euro recule à un creux de 4 ans et demi avec les propos du patron de la BCE

LONDRES - L'euro a glissé vendredi à un creux de quatre ans et demi vis-à-vis du dollar américain, après que le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, eut indiqué que la banque centrale pourrait bientôt appuyer un programme d'achat d'obligations gouvernementales pour s'attaquer à l'inflation dans la zone euro, dont la faiblesse est jugée alarmante.

Le recul de l'euro vers les 1,20 $ US a été déclenché par un avertissement de M. Draghi voulant que les efforts de la banque centrale pour stabiliser les prix soient maintenant plus susceptibles d'échouer qu'il y a six mois.

Dans un entretien accordé au quotidien financier allemand Handelsblatt, le président de la BCE a noté que son institution devait éviter une inflation trop forte, mais aussi une inflation trop faible. M. Draghi a précisé que la banque allait modifier la taille, la cadence et la composition de ses mesures pour le début 2015.

Pour plusieurs observateurs des marchés, cela signifie clairement que la BCE se prépare à appuyer un programme d'achats obligataires semblable à ceux entrepris par d'autres banques centrales, comme la Réserve fédérale des États-Unis et la Banque d'Angleterre. Plusieurs experts croient que la BCE pourrait en faire l'annonce officielle à l'issue de sa prochaine rencontre sur la politique monétaire, le 22 janvier.

La réaction des opérateurs a été évidente sur le marché des devises, où l'euro a failli retraiter sous la barre des 1,20 $ US pour la première fois depuis juin 2010, lorsque l'Europe était aux prises avec le premier plan de sauvetage de la Grèce et que les autres membres de la zone euro connaissaient d'importantes difficultés financières.

L'euro a reculé de 0,7 pour cent pour s'échanger vendredi à 1,201 $ US à 15 h 37, heure normale de l'Est.

L'euro perd des plumes depuis des mois, dans un contexte où plusieurs s'attendent à ce que la BCE mette en place de nouvelles mesures de relance, ce qui aurait pour effet d'augmenter la quantité d'euros en circulation.

La BCE a réduit les taux d'intérêt à des creux records et soutenu l'achat de certaines obligations du secteur privé, mais elle s'est abstenue d'imiter certains de ses pairs et d'acheter des obligations gouvernementales — des mesures d'assouplissement quantitatif.

Même si les niveaux anémiques de croissance économique dans la zone euro sont une importante source de préoccupation pour les décideurs de la BCE, leurs principales craintes sont plutôt liées à une inflation trop faible.

L'inflation dans les 19 pays membres de la zone euro — la Lituanie s'est jointe au groupe jeudi — se situe actuellement à 0,3 pour cent, ce qui est largement inférieur à la cible de la Banque centrale européenne, qui vise plutôt une inflation annuelle de base légèrement inférieure à deux pour cent.