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01/01/2015 05:46 EST | Actualisé 03/03/2015 05:12 EST

Les bilans des disparus dans l'incendie du traversier italien ne concordent pas

BRINDISI, Italie - Les autorités grecques et italiennes ne s'entendent pas du tout sur le nombre des personnes portées disparues à la suite de l'incendie du traversier Norman Atlantic, dimanche dernier dans l'Adriatique, qui a fait au moins onze morts.

Selon le procureur italien Giuseppe Volpe, ce nombre pourrait atteindre 98, alors que le ministre grec de la Marine marchande parle plutôt de 18. Selon les Grecs, la liste des Italiens est pleine de doublons et de fautes d'orthographe, mais les divergences dans les bilans n'ont pas pu être expliquées par le bureau du procureur italien, qui était fermé jeudi pour les fêtes du Nouvel An.

Pendant ce temps, un remorqueur a commencé jeudi à ramener le traversier incendié des côtes albanaises jusqu'au port italien de Brindisi, où les autorités vont le passer au peigne fin à la recherche d'autres corps. L'opération de remorquage pourrait durer jusqu'à 15 heures, selon la météo, a indiqué le propriétaire du remorqueur, Giuseppe Barretta.

«Nous pourrons établir le bilan exact (des victimes) lorsque l'épave sera inspectée», a indiqué la commodore Floriana Segreto, de la Garde côtière italienne. Les opérations de recherche et sauvetage se poursuivaient par ailleurs autour du traversier jeudi, par la voie des airs et en mer, a-t-elle précisé.

Selon la Garde côtière italienne, 477 personnes ont été secourues du traversier en flammes. Si on ajoute à ce bilan les onze morts, au moins 488 personnes se trouvaient à bord du navire ce jour-là. Or, les autorités grecques soutiennent que 474 noms figurent au registre de bord — ce qui suggère que les autorités italiennes se sont trompées sur le nombre des rescapés, ou que le navire transportait des migrants illégaux, qui n'étaient pas enregistrés.

Les autorités italiennes ont secouru en mer ou découvert l'an dernier seulement quelque 170 000 migrants et demandeurs du statut de réfugié qui tentaient de gagner l'Europe par bateau.

Par ailleurs, le capitaine du Norman Atlantic a fait ses premiers commentaires à la presse jeudi. Argilio Giacomazzi s'est attiré des éloges pour avoir été le dernier à quitter le navire en flammes, comme le prévoient les règles de la navigation. «Nos pensées doivent aller à ceux qui ne sont plus parmi nous, à ceux qui sont morts», a-t-il indiqué. «Nous avons fait de notre mieux, avec l'aide de Dieu. Nous avons fait de notre mieux.»

Le capitaine Giacomazzi a été interrogé pendant plus de cinq heures, mercredi, par les procureurs italiens à Bari, mais il n'a pas voulu commenter jeudi.